Déclaration finale du MSC à la 43è Session du CSA

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Déclaration finale du MSC à la 43è Session du CSA – 21 octobre 2016

  • Le CSA est devenu un espace unique en son genre, au sein du système des Nations Unies, dans lequel les voix des producteurs et productrices d’aliments à petite échelle, les agriculteurs et agricultrices familiaux, les pêcheurs à petite échelle, les peuples autochtones, les travailleurs agricoles et dans l’agroalimentaire, les éleveurs pastoralistes, les paysans sans terre, les femmes, les jeunes, les consommateurs, les populations urbaines en situation de précarité alimentaire et les ONG ont été en mesure de participer activement aux travaux et décisions du CSA, par le biais d’un espace autonome et ouvert, le Mécanisme de la Société Civile (MSC).
  • Le MSC est devenu le plus important espace mondial regroupant les organisations de la société civile travaillant sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Ses organisations participantes appartiennent à 11 secteurs sociaux au niveau mondial et à 17 sous-régions, représentant plus de 380 millions de producteurs et consommateurs de denrées alimentaires et notamment les plus grandes organisations et plates-formes d’agriculture familiale et de petits paysans à travers le monde.
  • Le MSC se réjouit et apprécie la plupart des résultats et des travaux de la CSA 43, en particulier les recommandations politiques sur « Etablissement de liens entre les petits exploitants et les marchés » « Développement agricole durable et le rôle de l’élevage », ainsi que les activités et les décisions relatives au Suivi, à la Nutrition et aux Objectifs de Développement Durable (ODD). Ces décisions sont d’une importance particulière pour les petits paysans ainsi que pour les autres parties prenantes; elles doivent être diffusées, utilisées et appliquées.
  • Le MSC félicite la Présidence du CSA pour la manière dont elle a conduit la session, d’une manière équitable, inclusive et participative.
  • Le MSC suggère que la prochaine réunion conjointe du Groupe consultatif et du Bureau du CSA en Novembre de cette année fasse une analyse de la 43è Session du CSA et ses travaux, y compris la confusion initiale sur les différents rôles des participants et des observateurs. Une autre question capitale devra porter sur la manière d’introduire des questions urgentes, pertinentes et parfois controversées dans les débats d’une session du CSA, afin de donner au CSA une visibilité et une pertinence sur ces questions, qui sont déjà débattues à l’échelle de la planète.
  • Le CSA est à la croisée des chemins: Nous avons vu au cours des deux dernières années et également au cours de cette session, qu’il y a deux voies à suivre qui s’offrent au CSA: soit il continue à laisser s’éroder la réforme du CSA, soit il opte pour un renforcement du CSA dans l’esprit de sa réforme.
  • Les huit tâches clés sont:
  1. Affirmer la vision du CSA: le CSA est déterminé à contribuer à la réalisation progressive du Droit à une alimentation adéquate/suffisante. La centralité des Droits humains, en particulier l’indivisibilité, l’universalité, l’interdépendance et l’indissociabilité de tous les Droits humains sont des points fondamentaux pour le CSA. Il est impossible de parvenir à la réalisation du Droit à l’alimentation sans également respecter, protéger et réaliser les Droits de la femme.
  2. Veiller à ce que l’action du CSA ne soit pas diluée. Tout le monde est invité à contribuer au CSA. Mais une attention particulière doit être accordée aux organisations de petits paysans et de producteurs d’aliments à petite échelle, de travailleurs dans l’agriculture et dans l’agroalimentaire, qui sont les plus importants contributeurs à la sécurité alimentaire et à la nutrition à l’échelle mondiale, mais qui constituent souvent également les groupes ayant le plus fort risque de souffrir d’insécurité alimentaire. Cette focalisation ne doit pas être perdue.
  3. Renforcer l’utilisation et l’application des résultats du CSA: sans un engagement beaucoup plus fort de la part de tous les acteurs au sein du CSA afin de réellement mettre en pratique les décisions et instruments du SCF, le CSA finira par perdre sa pertinence.
  4. Développer et activer le Mécanisme de suivi du CSA, notamment en encourageant la réalisation d’événements nationaux et régionaux autour du Suivi et la promotion de la tenue régulière d’Evénements thématiques mondiaux sur le Suivi, au cours des Sessions plénières du CSA.
  5. Traiter les questions les plus pertinentes pour la sécurité alimentaire et la nutrition et ayant un intérêt particulier pour les producteurs d’aliments à petite échelle, pour les travailleurs dans l’agriculture et dans l’agroalimentaire ainsi que pour les autres porteurs de droits. Les fonctions du CSA dans le domaine de la convergence et de la cohérence des politiques exigent que les membres et les participants n’aient pas peur d’aborder des sujets qui sont controversés ou complexes. Les négociations sur ces thématiques doivent être sérieuses. Nous espérons vivement que cette attitude prévaudra dans les prochaines discussions sur le PTPA.
  6. Veiller à ce que toute organisation qui est intéressé par participer au CSA soit obligée de choisir à quelle catégorie de participants elle veut appartenir, conformément au Document de Réforme du CSA, et que sa participation se fasse ensuite par le biais du Mécanisme approprié (MSC, MSP)
  7. Clarifier les modalités de la participation du secteur privé et des entreprises au sein du CSA et concevoir et mettre en oeuvre de solides garde-fous afin de protéger l’espace des influences indues et des conflit d’intérêts, afin de garantir que les problématiques concernant les porteurs de droits sont toujours prioritaires par rapport à celles d’autres acteurs, défendant des intérêts privés. Les actions au sein de cet espace doivent toujours être en ligne avec le principal mandat du CSA, qui est celui de réaliser la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
  8. Mettre en place une structure de financement solide et durable pour le CSA, qui reflète le soutien apporté par tous les membres et par les Agences basées à Rome (ABR) au CSA, afin de pouvoir garantir la pleine mise en œuvre du PTPA tel qu’il est convenu. Le CSA doit être financé par des fonds publics.
    L’intégrité du PTPA est un aspect important, un CSA dont l’action serait pilotée en fonction des contributions des donateurs serait un CSA faible.
  • Nous sommes d’avis que ces huit tâches sont fondamentales pour garantir que le CSA puisse jouer pleinement son rôle dans la lutte mondiale contre la faim et la malnutrition.
  • Comme cela a été souligné lors de l’Evénement thématique mondial de Suivi des DVGT, Mercredi dernier, nous sommes profondément préoccupés face à la répression et la criminalisation des mouvements sociaux et des défenseurs des droits humains. Alors que ce tenait la Semaine du CSA, plusieurs assassinats de leaders d’organisations paysannes ont été commis: José Angel Flores, Président du « Movimiento Unificado Campesino del Aguán » et Silmer George ont été assassinés au Honduras. En Colombie, Esneider Gonzalez, membre de l’Asociación de Trabajadores Campesinos de la Zona de Reserva Campesina a également été assassiné. Le MSC tient a exprimer sa solidarité avec la lutte qu’ils menaient, exige que justice soit rendue et rappelle aux gouvernements leurs obligations et le rôle qu’ils ont à jouer dans la protection des défenseurs des Droits humains.
  • Nous tenons à remercier tous ceux qui ont contribué au succès de cette réunion: tout d’abord ceux qui ont travaillé en arrière-plan. Nous tenons tout particulièrement à remercier les collègues des services des réunions de la FAO, les messagers, les assistants techniques, les services de nettoyage, le bureau des partenariats de la FAO, le protocole et ceux qui ont fourni l’alimentation et la nutrition à cet événement. Merci! Merci également aux interprètes, au Secrétariat, à la Présidence ainsi qu’à tous les membres, participants et observateurs.
  • Le MSC restera engagé en faveur du CSA. Nous savons que nous représentons les coeurs et les âmes des peuples au sein du CSA. Nous allons continuer à préserver et faire grandir cet espace, nous y investir pleinement, comme nous l’avons toujours fait.