Discours d’ouverture du MCS au CSA 45

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Intervention pour l’ouverture de la 45e plénière du CSA du CSA – 15 octobre 2018

Iridiani Seibert – La Via Campesina (Brésil)

Coordinatrice du Secteur social « Femmes » du MSC

 

Nous saluons les États membres du CSA, les institutions participantes et les observateurs. Nous espérons que cette 45e session sera marquée par un engagement renouvelé en faveur du CSA, afin de renforcer le Comité et sa contribution et ainsi contribuer à surmonter la situation alarmante de la faim et de la malnutrition dans le monde que nous affrontons actuellement.

Tout d’abord, c’est avec grand plaisir que nous vous communiquons aujourd’hui que notre Mécanisme de la société civile a été renforcé par l’inclusion des peuples autochtones en leur nom propre. Après un an de consultation, le Comité de coordination du MSC a décidé par consensus, et le Forum du MSC a confirmé, que nous serons désormais appelés « Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones pour les relations avec le Comité de la sécurité alimentaire ».Avec ce changement de nom, nous réaffirmons notre reconnaissance de l’identité des peuples autochtones et exprimons notre pleine solidarité avec leurs luttes historiques pour être reconnus dans leur identité et leur droit à l’autodétermination en tant que peuple autochtone.

Nous sommes extrêmement préoccupés car nous constatons que nous sommes sur la mauvaise voie pour atteindre l’objectif fixé par les ODD qui vise à éradiquer la faim. Aujourd’hui, 821 millions de femmes, d’hommes, de garçons et de filles souffrent de la faim et de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. 821 millions de personnes dans toutes les régions de la planète se couchent chaque soir le ventre vide.

Le rapport SOFI 2018 nous interpelle une fois de plus et nous demande de prendre des mesures et des engagements concrets une fois pour toutes. La faim et l’insécurité alimentaire sont les problèmes les plus importants auxquels le monde est confronté aujourd’hui. C’est une question de droits humains. La principale réponse aux chiffres alarmants présentés par le Rapport SOFI 2018 est que la communauté internationale doit plus que jamais s’engager pour le respect, la protection et la garantie du Droit humain à une alimentation adéquate.

Aujourd’hui, à l’occasion du dixième anniversaire de la Journée mondiale de la femme rurale, quand nous constatons la situation dans laquelle se trouvent les femmes rurales, nous n’avons pas vraiment le coeur à faire des réjouissances. 60% des 821 millions de personnes souffrant de la faim sont des femmes et des jeunes filles. En ce jour anniversaire, nous tenons à réaffirmer la nécessité pour les États de s’engager à promouvoir des actions et des politiques pour résoudre ces problèmes, comme ils s’y sont engagés dans l’ODD #5, qui appelle à : « l’élaboration d’actions et de politiques pour la promotion des droits des femmes dans le cadre des droits humains, garantissant le droit à l’alimentation ainsi que la promotion de l’égalité des genres et l’élimination de la violence et de la discrimination envers les femmes ».

Nous avons construit ensemble la célébration de la Journée internationale de la femme rurale dans cet espace pour insister sur la valeur des femmes rurales et, par conséquent, nous nous engageons à faire en sorte que cette date importante soit mise en évidence lors des futures plénières annuelles du CSA.

Et en tant que femmes rurales, femmes paysannes, femmes pêcheur, femmes autochtones, femmes pastorales, femmes travailleuses, jeunes femmes, femmes consommatrices et femmes sans terre, nous pensons qu’il est fondamental que les États reconnaissent la contribution que les femmes apportent à la lutte contre l’insécurité alimentaire et la faim. A travers notre production, nous nourrissons les peuples et contribuons à la sécurité alimentaire mais aussi à la souveraineté alimentaire des peuples d’un point de vue agroécologique et dans une perspective féministe d’égalité des droits entre les genres.

Nous espérons qu’à l’occasion de ce 20e anniversaire, nous pourrons véritablement marquer les progrès accomplis dans la réalisation de cet objectif, que nous avons en commun avec les Etats membres ici présents et nous pensons que les femmes ont beaucoup à y apporter : que les femmes, les individus et les peuples puissent réaliser leur droit à l’alimentation, à l’égalité et à une vie sans violence et sans discrimination !