L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019

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L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2019 

Messages Clés du Rapport 2019

15 Juillet 2019 (New York)

Dépliant – Rapport CompletRésumé – Digital Report

  • Après des décennies de baisse constante, la tendance de la faim dans le monde – mesurée par la prévalence de la sous-alimentation – a repris en 2015 et est restée pratiquement inchangée ces trois dernières années, à un niveau légèrement inférieur à 11 pour cent. Dans le même temps, le nombre de personnes souffrant de la faim s’est lentement accru. Résultat, plus de 820 millions de personnes dans le monde souffraient toujours de la faim en 2018, ce qui souligne l’immensité du défi à relever si l’on veut atteindre l’objectif «Faim zéro» d’ici à 2030.
  • La faim est repartie à la hausse dans presque toutes les sous-régions de l’Afrique, laquelle représente la région où la prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée, puisqu’elle atteint près de 20 pour cent. La faim progresse aussi lentement en Amérique latine et dans les Caraïbes, malgré une prévalence qui demeure inférieure à 7 pour cent. Dans la région Asie, la faim ne cesse de gagner du terrain depuis 2010 en Asie de l’Ouest, où plus de 12 pour cent de la population vit aujourd’hui en situation de sous-alimentation.
  • Cette année, le rapport examine un deuxième indicateur aux fins du suivi de la cible 2.1 des ODD: la prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou grave, évaluée selon l’échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (FIES). Alors que l’insécurité alimentaire grave est associée à la notion de faim, les personnes en situation d’insécurité alimentaire modérée ne sont pas certaines de pouvoir se procurer à manger et sont contraintes de réduire la qualité et/ou la quantité des aliments qu’elles consomment.
  • Si l’on tient compte de l’ensemble des personnes dans le monde qui sont en situation d’insécurité alimentaire modérée en plus de celles qui souffrent de la faim, on estime que plus de 2 milliards de personnes ne disposent pas d’un accès régulier à des aliments sains et nutritifs en quantité suffisante, dont 8 pour cent de la population en Amérique du Nord et en Europe.
  • En 2015, 20,5 millions de nouveau-nés dans le monde avaient un poids insuffisant, soit une naissance vivante sur sept; aucun progrès n’a été fait en ce qui concerne la réduction de la prévalence de l’insuffisance pondérale à la naissance depuis 2012. En revanche, le nombre d’enfants de moins de 5 ans présentant un retard de croissance a reculé de 10 pour cent à l’échelle mondiale au cours des six dernières années. On en compte cependant encore 149 millions, ce qui indique que les progrès ne sont pas assez rapides pour espérer atteindre la cible fixée à l’horizon 2030, à savoir réduire de moitié le nombre d’enfants souffrant d’un retard de croissance.
  • L’excès pondéral et l’obésité sont en progrès constants dans toutes les régions, en particulier chez les enfants d’âge scolaire et les adultes. En 2018, on estimait à 40 millions le nombre d’enfants de moins de 5 ans présentant un excès pondéral. Environ le tiers des adolescents et des adultes étaient en surpoids et 44 pour cent d’enfants âgés de 5 à 9 ans en surpoids étaient obèses. En 2016, 131 millions d’enfants âgés de 5 à 9 ans, 207 millions d’adolescents et 2 milliards d’adultes étaient en surpoids. Le coût économique de la malnutrition est astronomique.
  • Une analyse des données aux niveaux des ménages et des individus pour divers pays, toutes régions confondues, révèle que l’insécurité alimentaire est un déterminant important de nombreuses formes de malnutrition. Dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure et les pays à revenu élevé en particulier, le fait de vivre dans un ménage exposé à l’insécurité alimentaire est un facteur prédictif de l’obésité chez les enfants d’âge scolaire, les adolescents et les adultes.
  • Les éditions précédentes du présent rapport ont mis en évidence de quelle manière les conflits, la variabilité du climat ainsi que les extrêmes climatiques exacerbaient les tendances décrites ci-dessus. Cette année, le rapport montre qu’une reprise économique inégale de même que des résultats économiques toujours moroses dans nombre de pays après le fléchissement de l’économie mondiale de 2008-2009 comptent également parmi les facteurs qui entravent les efforts déployés pour mettre un terme à la faim et à la malnutrition. Les périodes de perturbations financières, les tensions commerciales accrues et le resserrement des conditions financières contribuent à fragiliser les perspectives économiques mondiales.
  • On observe une recrudescence de la faim dans de nombreux pays où l’activité économique a ralenti ou s’est contractée, et surtout dans des pays à revenu intermédiaire. Qui plus est, les chocs économiques contribuent à prolonger et à aggraver les crises alimentaires qui sont principalement causées par des conflits et des chocs climatiques.
  • Sur les 65 pays où les effets récents des ralentissements de la croissance et des fléchissements économiques sur la sécurité alimentaire et la nutrition se sont fait le plus durement sentir, 52 sont fortement tributaires des exportations et/ou des importations de produits de base.
  • Les ralentissements et fléchissements de l’activité économique fragilisent de façon disproportionnée la sécurité alimentaire et la nutrition dans les pays où les inégalités sont plus marquées. Les inégalités de revenus accroissent la probabilité d’une insécurité alimentaire grave, et ce, dans une proportion 20 pour cent plus élevée dans les pays à faible revenu que dans les pays à revenu intermédiaire. Les inégalités de revenu et de richesse sont aussi étroitement corrélées avec la dénutrition, tandis que des schémas d’inégalité plus complexes sont associés à l’obésité.
  • Afin de préserver la sécurité alimentaire et la nutrition, il est primordial d’avoir mis en place en amont des politiques économiques et sociales qui permettent, lorsqu’on entre dans un cycle économique défavorable, d’en contrer les effets tout en évitant à tout prix des coupes dans les services essentiels, tels que les soins de santé et l’éducation. À plus long terme, cependant, on ne parviendra à relever ce défi qu’en misant sur une transformation structurelle inclusive et favorable aux pauvres, notamment dans les pays caractérisés par une dépendance forte à l’égard du commerce des produits de base.
  • Pour faire en sorte que cette transformation structurelle soit orientée vers les pauvres et qu’elle n’exclut personne, on se devra d’intégrer les questions de sécurité alimentaire et de nutrition dans les efforts de lutte contre la pauvreté, tout en veillant à ce que la réduction des inégalités entre les sexes et de l’exclusion sociale dont souffrent certains groupes de population soit poursuivie, soit comme moyen d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, soit comme une finalité à part entière.