Transcript de la Séance d’information publique du MSC


Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Avant de faire une brève introduction, je voudrais rappeler à tous que lorsque nous intervenons, nous devons parler lentement et activer la caméra afin de faciliter l’interprétation. Nous tenons également à vous informer que cet appel sera enregistré et qu’il sera publié sur le site web du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones. L’enregistrement sera fait dans la version audio originale.

Encore une fois, bienvenue à tous, nous sommes à un moment important pour le Mécanisme de la société civile. Nous avons travaillé pendant trois ans dans un calendrier formel, mais peut-être plus encore dans ce processus de négociations qui a culminé avec l’approbation par les États des Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition. Le Mécanisme de la société civile a eu une participation très importante dans ce processus et ce que je voudrais souligner ici, en termes de facilitation et pour que ce dialogue soit une source d’inspiration pour tous, c’est que nous sommes ancrés dans l’importance du CSA et de sa mission. La mission du Comité de la sécurité alimentaire ainsi que celle du Mécanisme de la société civile occupent un espace unique au sein du système des Nations unies et c’est un espace que, dans la diversité des acteurs qui y participent, nous voulons toujours défendre et nous voulons le défendre en nous référant à la mission du Comité de la sécurité alimentaire.

La crise actuelle que nous traversons est une crise qui est directement liée à l’alimentation. Non seulement parce que l’impact de siècles d’expansion de l’activité humaine dans la période récente a mis en danger la stabilité de la biodiversité et des écosystèmes. Peut-être que ce que nous vivons s’exprime comme tel, comme un moment de risque, mais aussi parce que la faim et la malnutrition, continuent d’être un facteur très important dans la souffrance des populations et ce sont les personnes qui sont touchées par la malnutrition qui ont été les plus vulnérables à la morbidité et à la mortalité de cette pandémie. Et c’est un fait très pertinent, cette crise est profondément liée à un problème de systèmes alimentaires. Et à partir de là, la mission du Comité de la sécurité alimentaire est une mission de défense des droits et du droit humain à une alimentation et une nutrition adéquates. Ces droits sont des éléments fondamentaux de la sortie de cette crise. Nous devons évoluer vers une relation en termes de vie planétaire et pas seulement de productivisme..

Nous devons migrer vers des changements de paradigme qui construisent une manière de partager la vie entre les humains et la planète et pas seulement en termes de formes d’exploitation. Et nous devons également aller vers la construction d’une diplomatie qui exclue l’aliénation, qui inclue les êtres humains et qui inclue cette vision planétaire vers laquelle nous tendons, au sein du Mécanisme de la société civile et dans le cadre du mandat du Comité de la sécurité alimentaire.
Il ne s’agit pas ici d’une plateforme pour le commerce, c’est une plateforme pour la défense des droits et la défense du droit humain à une alimentation et une nutrition adéquates.

Donc, partant de cette vision inspirante, je propose que nous commencions nos interventions. Nous allons avoir trois ou quatre interventions. La première intervention est celle de Hamadi Mohamed Abba, il est membre de WAMIP, l’alliance mondiale des éleveurs nomades, des personnes qui élèvent des animaux et qui sont nomades, il est membre du peuple autochtone Touareg et il va nous parler depuis Tombouctou au Mali. Vas-y Hamadi, nous t’écoutons.

Hamadi Mohamed Abba: WAMIP

Bonjour merci Hernando de m’avoir donné la parole; Effectivement je vais faire une déclaration relative aux Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition (DVFSyN) approuvées par les États membres lors de la 47e session plénière du CSA.

Suite à la participation active depuis 5 ans au processus de négociation et après une évaluation collective des directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition (DVFSyN), approuvées par les États membres lors de la 47ème session du CSA en février 2021,  le MSC exprime sa déception et son découragement face aux résultats obtenus. En effet, il a été observé, lors des dernières séances de négociation de février 2021, un détournement du processus de convergence politique et aux manquements à certains principes directeurs, notamment le principe d’inclusivité et une négociation participative. Les séances de février 2021 ont été  marquées, entre autres par :

  • un désintérêt des avis de notre mécanisme de la société civile,
  • des méthodologies irrégulières,
  • des calendriers accélérés,
  • une atmosphère hostile et de forts jeux de pouvoir

Ce n’est pas de gaieté de cœur, si le MSC exprime sa déception et son découragement car les directives ne répondent pas aux attentes de nos secteurs et nos priorités défendues depuis 5 ans dans un climat de confiance au sein du CSA qui se veut pourtant la plateforme intergouvernementale la plus inclusive en matière de sécurité alimentaire et de nutrition.

L’une de nos attentes depuis le début du processus que les participants se concentrent sur l’identification des problèmes et les solutions possibles ainsi que la formulation des orientations et des stratégies d’actions fondées sur les droits humains pour une transformation vers des systèmes alimentaires plus durables, sains et justes.

Nous regrettons de constater l’énormité de l’occasion manquée que représente cette négociation, en conséquence le MSC constate et rappelle que les Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition approuvées par les États membres ne sont pas suffisantes pour la transformation des systèmes alimentaires dont nous avons besoin de toute urgence et que certaines parties de ces Directives pourraient même compromettre le travail et les moyens de subsistance de nos populations.

Grâce à l’engagement continu de quelques états membres, du MSC et à quelques autres participants, les Directives comportent néanmoins quelques points positifs, qui peuvent contribuer à soutenir notre travail en cours au niveau national ou local, malgré le fait que dans la plupart des cas, ces points positifs sont conditionnés par des mises en garde destinées à les affaiblir.

Nous rappelons aux États leur responsabilité en tant que porteurs de devoirs de respecter, protéger et réaliser les droits humains de tous, et appelons le CSA à surveiller les effets que ces Directives vont avoir.

Je vous remercie.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci beaucoup Hamadi, merci pour cette intervention depuis le Mali. Je vais maintenant donner la parole à Charlotte Dreger de FIAN international, Charlotte fait partie de l’équipe de facilitation du groupe de travail sur les systèmes alimentaires du Mécanisme de la société civile et elle nous parle depuis l’Allemagne. C’est à toi, Charlotte.

Charlotte Dreger: FIAN International

Merci beaucoup, Hernando. Eh bien, après notre évaluation collective en tant que Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, nous pensons malheureusement que les Directives ne répondent pas à l’ambition, au mandat et aux aspirations que ce processus aurait dû avoir.  Elles sont loin des attentes et des priorités du MSC et elles peuvent même saper les progrès réalisés jusqu’à présent. Nous regrettons donc profondément que les États membres aient décidé d’approuver un document qui, à nos yeux, est plus orienté vers le maintien du statu-quo que vers la transformation ambitieuse et profonde dont nous avons si urgemment besoin.

Permettez-nous d’expliquer pourquoi nous pensons que ces Directives ne donnent pas d’indications sur la manière de transformer nos systèmes alimentaires en systèmes plus justes, durables et sains. Nous avons identifié 5 points principaux :

  • Tout d’abord, les Directives ne rendent pas compte de l’urgence de la transformation en ne reconnaissant pas que nous devons réorienter les systèmes alimentaires dominants actuels : Au lieu de cela, elles brouillent les responsabilités des systèmes alimentaires industriels actuels dans la crise climatique, la destruction écologique et les pandémies connexes auxquelles nous assistons actuellement ; elles ne reconnaissent pas les impacts des aliments et boissons ultra-transformés sur la malnutrition et les problèmes de santé chroniques, ni les impacts des chaînes d’approvisionnement mondialisées et des accords commerciaux sur les systèmes alimentaires locaux ou nationaux, les moyens de subsistance et l’accès à la nourriture et à l’eau. Les Directives ne reconnaissent même pas l’existence de frontières planétaires.
  • Deuxièmement, les Directives n’adoptent pas un point de vue holistique des systèmes alimentaires et ne reconnaissent pas les systèmes alimentaires comme relevant de l’intérêt public : Par conséquent, elles mentionnent rarement la réglementation du commerce, des investissements et des entreprises et ne donnent pas de conseils sur la façon de recadrer les politiques publiques pour remédier aux déséquilibres de pouvoir et les protéger contre les conflits d’intérêts. De même, elles ne donnent pas la priorité aux populations les plus touchées par la faim et la malnutrition en tant que détentrices de droits dans les processus décisionnels.
  • Troisièmement, les Directives manquent d’une approche holistique des droits humains : Les Directives mentionnent la réalisation du droit à l’alimentation comme objectif, mais elles s’écartent complètement de la vision holistique des droits humains, qui sont universels, interdépendants et indivisibles. Un exemple clair est l’omission du droit humain à l’eau potable et à l’assainissement. Comment pourrions-nous garantir le droit à l’alimentation sans garantir également le droit à l’eau ?
  • En outre, les Directives ne promeuvent ni ne protègent les régimes alimentaires sains et durables : L’occasion complètement ratée d’inclure le concept de régimes alimentaires sains et durables et l’incapacité subséquente de reconnaître de manière adéquate et cohérente ne serait-ce que le lien entre la santé environnementale et la santé humaine dans l’ensemble du document est une limitation principale à nos yeux. D’un point de vue critique, les Directives sapent la nécessité de réglementer et de mettre en œuvre le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et les résolutions ultérieures de l’Assemblée mondiale de la santé, ainsi que d’autres stratégies visant à mettre fin au marketing nuisible, en particulier sur les enfants.
  • Enfin, les Directives ne donnent pas la priorité aux systèmes alimentaires locaux, résilients et agroécologiques : Les Directives placent l’agroécologie au même niveau que l’intensification durable et ne recommandent même pas de réduire l’utilisation des pesticides. Elles ne protègent ni ne promeuvent les marchés locaux. Les Directives se situent donc en retrait par rapport aux recommandations politiques existantes du CSA, telles que celles visant à l’établissement de liens entre les petits exploitants et les marchés. En mentionnant les marchés locaux en parallèle avec les marchés nationaux et internationaux tout au long du document, aucune orientation n’est donnée sur la manière de remédier à la discrimination actuelle des marchés locaux.

Voici donc, en bref, le résultat de notre évaluation collective. Nous vous invitons également à lire la présentation détaillée de notre évaluation, exposée dans un document de référence que nous publions en même temps que notre document de positionnement. Ce document explique non seulement plus en détail les préoccupations du MSC concernant les DVFSyN, mais il vise également à fournir des conseils sur la façon de s’engager de manière critique autour de ces Directives.

Merci beaucoup et je te rends la parole, Hernando.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci beaucoup Charlotte, nous allons maintenant céder la place à Gisela Illiescas Palma, membre paysanne du MAELA qui est le Mouvement Agroécologique d’Amérique Latine et des Caraïbes. En raison du décalage horaire, elle a enregistré une vidéo depuis le Mexique, car il n’était pas facile pour elle d’intervenir en direct au vu de l’heure tardive, nous allons donc maintenant projeter la vidéo.

Gisela Illescas: MAELA México

Nous, les petits agriculteurs et agricultrices, les éleveur.es, les pêcheurs hommes et femmes, les peuples autochtones, les travailleurs.eses agricoles, les sans-terre, les femmes, les jeunes, les consommateur.trices, les populations rurales qui souffrent d’insécurité alimentaire, ainsi que les organisations non gouvernementales qui participent au Mécanisme de la société civile, prenons acte avec une déception certaine l’approbation des Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition.

Il est évident que la crise climatique, la crise alimentaire, la crise sanitaire et la malnutrition dans le monde ne cessent d’augmenter.

Et la manière dont ce processus a été mené, les négociations pour l’approbation des Directives, a été un processus d’exclusion. Tous les secteurs sociaux qui participent au Mécanisme ont eu une participation très active. Cependant, les inégalités en termes d’accès à la technologie auxquelles nous sommes confrontés et les calendriers de négociations basés sur les fuseaux horaires européens ont rendu notre participation très difficile.

A cela s’ajoute l’environnement hostile qui a été constaté pendant les négociations, notamment en période de pandémie.

C’est pour cette raison qu’aujourd’hui nous voulons lancer un appel à la prise de conscience de la mainmise des entreprises sur les systèmes alimentaires. Nous avons vu comment, en période de pandémie, les marchés locaux ont été fermés. Cependant, les marchés alimentaires mondiaux ont continué à fournir de la nourriture. Mais nous-mêmes, qui sommes habitués à des régimes alimentaires locaux, diversifiés et saisonniers, avons éprouvé des difficultés à commercialiser nos produits, y compris même sous forme d’échange ou de troc.

L’approbation de ces directives viole nos droits humains. Ce sont des directives qui ne contribuent pas à la transformation du système alimentaire dominant actuel.

Depuis des années, nous, des milliers d’agriculteurs et d’agricultrices, d’hommes et de femmes pastoralistes, travaillons la terre. Nos pères, nos grands-pères et grand mères, nos ancêtres ont semé des graines, qui font aujourd’hui partie de la biodiversité qui nourrit le monde.

Et aujourd’hui, nous constatons avec inquiétude que la mainmise des entreprises sur les systèmes alimentaires porte atteinte à nos droits humains.

Nous avons besoin de systèmes alimentaires qui adoptent une perspective holistique. Et qui reconnaissent que l’alimentation est un droit humain et doit être un bien public commun à tous.

Mais nous ne voulons pas d’un seul type d’aliments. Nous voulons une nourriture qui soit basée sur notre identité, sur nos semences, sur la manière dont nous avons produit et préparé les aliments.

Lorsque nous semons une graine, nous ne faisons pas seulement une activité agricole, mais nous apportons aussi notre mémoire, tout ce savoir ancestral autour des phases lunaires et des modes traditionnels de production, de conservation et de préparation des aliments.

Nous avons besoin de Directives qui aient une approche holistique des droits humains. L’un d’entre eux, fondamentalement important est le droit à l’eau. Nous ne pouvons pas parler d’alimentation si, dans le même temps, nous ne préservons pas le droit humain à l’eau.

L’eau n’est pas une marchandise. L’eau est un bien public, et c’est un bien qui appartient à tous. Elle doit également être considérée et est déjà considérée comme un droit humain. Mais les Directives ne le voient pas ainsi.

Un autre aspect important est que ces Directives mettent l’accent sur la santé des régimes alimentaires, mais ne tiennent pas compte de la relation qui existe entre la santé, le bien-être humain et la Terre Mère. Or cette relation intrinsèque existe bel et bien. En effet, qui nous nourrit, nous accueille, qui préserve la graine dans son ventre ? Qui sommes-nous, nous qui travaillons pour que ces aliments soient produits et comment tout cela influe-t’il sur notre santé ?

Il existe une relation de bas en haut et de haut en bas entre la santé de ceux d’entre nous qui produisent les aliments et notre mère la Terre.

Nous avons besoin que ces Directives aient cette approche. Une approche holistique.

Mais aussi que les systèmes alimentaires résilients et agroécologiques soient prioritaires. Que nos droits, à nous, agriculteur.trices, de préserver les semences, d’avoir nos propres régimes alimentaires locaux, et d’avoir nos modes de production, de commercialisation et d’échange de nourriture, soient respectés.

Hernando Salcedo : FIAN Colombia

Merci beaucoup à Gisela pour cette intervention enregistrée depuis le Mexique. Nous allons maintenant donner la parole à Isa Alvarez, qui est vice-présidente du réseau URGENCI, membre du secteur social des consommateurs du Mécanisme de la société civile, et Coordinatrice du groupe de travail du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones sur les Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition. Vas-y Isa.

Isabel Alvarez : Urgenci

Merci Hernando. Bonjour à vous tous, bon après-midi si c’est l’après-midi chez vous. Eh bien, pour commencer mon intervention, je voudrais commencer par remercier tous et toutes les collègues de tous les secteurs de ce Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, tous ceux et toutes celles qui, à un moment donné, ont réussi à consacrer un peu de temps pour enrichir ce processus et ainsi nous enrichir tous, n’est-ce pas ? Certain.es de nos collègues ont déjà partagé certaines des réflexions que nous avons élaborées et je voulais aussi témoigner, avant de partager certaines réflexions, partager certaines données probantes, parce qu’il me semble que parfois c’est important, parce que parfois nous sentons qu’il y a des gens qui ne font pas partie de ce Mécanisme et qu’ils ne nous comprennent pas beaucoup, quand….. même si nous parlons la même langue, dans certaines des choses que nous disons… et je voulais témoigner d’un cas que j’ai connu personnellement, c’est le  cas de deux femmes, Maria et sa mère. J’ai rencontré Maria, lors d’un déplacement – je ne vais pas dire où car cela n’a pas d’importance, le cas que je vais vous raconter pourrait se produire dans n’importe quel pays….

Ces deux femmes étaient des agricultrices, Maria et sa mère. Et ces femmes ont été affectées par la construction d’un barrage. Ce barrage a directement affecté, dans le cas de Maria, sa maison et sa terre, la terre où elle travaillait, parce qu’elle allait être inondée. Dans le cas de sa mère qui vivait à proximité mais dans un autre endroit, elle n’a même pas été reconnue comme personne affectée parce que ce barrage n’allait pas inonder sa maison. Mais en coupant le canal de la rivière, elle allait être affectée parce qu’elle allait se retrouver sans eau et sans accès à ses moyens de subsistance.

J’ai rencontré Maria lors d’une réunion des mouvements paysans, ils ont mené une lutte très forte pour résister à cette expulsion de leur territoire, mais finalement ils ont dû partir. Et quand elles sont parties, elles sont parties ensemble et ce qui s’est passé c’est que – Maria me l’a dit en employant ces mots – sa mère a commencé à se faner quand elles ont du partir – et trois semaines plus tard sa mère est morte. Sa mère n’était pas malade avant tout cela et ce qu’elle disait, c’est que sa mère n’avait pas supporté d’être chassée de son territoire. Et elle était morte parce qu’ils ne l’avaient pas seulement privée de sa terre, mais c’était comme si on lui avait enlevé un organe vital.

Voici les réalités du terrain à partir desquelles nous construisons nos actions, quand nous venons en tant que Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, voici les témoignages que nous entendons, des cas comme celui-ci et il n’y en a pas qu’un seul, il y en a des milliers et des milliers et des milliers de cas comme celui-ci dans le monde entier, au Nord-Sud Est-Ouest, des hommes et des femmes qui sont affectés par ce type de situation. Quand nous entendons ces cas, nous comprenons bien sûr de quoi nous parlons, quand nous parlons du droit à l’eau, mais nous comprenons aussi de quoi nous parlons quand nous parlons de l’indivisibilité des droits, parce que… par quel droit commençons-nous dans un tel cas ? Par le droit à l’eau, par le droit à la vie, par le droit à la santé ? Nous ne pouvons plus séparer les choses les unes des autres, n’est-ce pas ? Lorsque nous parlons de la nécessité d’adopter des approches holistiques et intégrales, nous parlons de cela.

Donc, en plus de partager ce témoignage et en m’appuyant sur ce que d’autres camarades ont déjà partagé ici, je pense qu’il est clair que nous ne sommes actuellement pas contentes du tout. En tant que Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, nous avons toujours considéré ce processus des directives comme étant une opportunité pour parvenir à la transformation dont nous avons besoin dans les systèmes alimentaires et pour élaborer des solutions véritables aux situations de faim et de malnutrition dont nous souffrons dans le monde entier.

Les populations dans nos secteurs sociaux secteurs vivent chaque jour des situations très graves – je vous ai déjà donné un exemple – d’absence de sécurité alimentaire et de violations des droits. Nous sommes victimes de multiples formes de violence, de la violence la plus physique (de nombreuses collègues femmes sont mortes et continuent de mourir assassinées pour avoir défendu les droits de tous) à une violence plus structurelle qui nous rend invisibles, nous méprise et nous expulse de nos territoires. Ces situations sont trop urgentes pour que nous puissions nous contenter de formulations vagues, de Directives composées principalement de phrases circonstancielles, ou encore de documents et des processus sans ambition.

L’urgence que nous ressentons et qui est devenue plus évidente au cours de l’année dernière, nous pousse à exiger des réponses de la part des États qui soient à la hauteur de la situation et nous considérons que le présent document d’orientations n’est pas à la hauteur.

Dans notre processus d’évaluation, nos secteurs sociaux ont considéré qu’en tant que MSC nous ne pouvons pas légitimer des processus ou des contenus qui, loin de transformer les systèmes alimentaire, ne servent qu’à maintenir un modèle que nous connaissons déjà et qui est précisément celui qui nous a amené à la situation de crise climatique et sociale dans laquelle nous nous trouvons… . Un modèle qui cherche à donner la priorité aux intérêts corporatifs des agro-exportations et aux privilèges de quelques-uns sur les droits de tous. En outre, ces Directives sont très éloignées dans leur contenu des résultats obtenus lors des consultations régionales, qui faisaient clairement référence aux concepts de durabilité et d’agroécologie.

Nous nous demandons également quelle évaluation est faite de ce document par ceux qui ont promu et financé ces consultations avec l’argent public de leurs citoyens.

Nous avons dénoncé, encore aujourd’hui, à de nombreuses reprises, le manque d’inclusivité dans ce processus. Si la situation de pandémie et cette version en ligne que nous avons dû assumer représentaient un défi, nous ne pensons pas que depuis mai 2020, ce défi ait été relevé avec la volonté ou les moyens appropriés.

Par conséquent, en tant que Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, nous avons décidé de NE PAS approuver les Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition.

Nous n’avons pas pris cette décision de gaîté de coeur, cela s’est fait après un processus inclusif de consultation de nos secteurs sociaux et après avoir partagé collectivement les analyses que nous vous avons déjà présentées. Nous disons NON, en écoutant nos peuples et les données probantes qui nous disent que celle-ci n’est pas la voie à suivre. Ce ne sont pas seulement les preuves scientifiques qui nous le disent mais c’est aussi ce que nous crie la Terre Mère, la biodiversité et nos peuples qui sont privés de droits.

Nous avons également pris cette décision dans la conviction que nous contribuons à la défense du CSA lui-même. Nous comprenons le CSA comme un espace qui doit répondre aux défis que nous pose la sécurité alimentaire. Nous avons compris qu’après l’évaluation réalisée il y a quelques années, ce processus était l’occasion de faire preuve d’ambition et de montrer ce à quoi le CSA devrait ressembler. C’est pourquoi nous pensons que dire NON, c’est contribuer à rendre visible le fait que ces Directives en sont pas la voie à suivre et être capable d’assumer les points d’amélioration pour les processus futurs.

Comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, construire collectivement ne consiste pas seulement à toujours dire oui, il faut parfois aussi dire NON pour être cohérent avec ce que nous croyons et pour pouvoir continuer à construire ensemble.

Nous concluons en disant que, malgré cette position, il est important pour nous de partager les points en quoi ce processus a été fructueux. En tant que Mécanisme, il nous a aidés à avoir notre propre vision des systèmes alimentaires et de la nutrition, que nous avons consignée dans un Document de vision qui nous servira de guide dans cette transformation que nous croyons vraiment possible et essentielle.

De même, dire NON ne signifie pas que nous ne vous croiserons pas sur le chemin de la mise en œuvre. En tant que Mécanisme, vous nous trouverez toujours en train de remplir le rôle de suivi et de contrôle des politiques ; c’est notre travail en tant que secteurs de ce Mécanisme et en tant que peuples.

Nous avons certainement des défis très importants à relever ensemble, des processus politiques très pertinents en cours au sein du CSA dans lesquels nous espérons vraiment pouvoir construire avec vous les réponses dont nous avons besoin, à la hauteur des défis et de ce qui est attendu du mandat du CSA.

Vous nous trouverez toujours dans toutes ces initiatives pour défendre les Droits humains, l’agroécologie, l’équité, le respect des personnes et de la planète, afin de garantir des objectifs qui servent la santé comme l’intérêt public, qui défendent nos environnements, nos cultures et nos territoires.

Merci beaucoup.

Hernando Salcedo : FIAN Colombia

Merci beaucoup Isa pour cette intervention qui nous donne explicitement des jalons détaillés pour comprendre les décisions convenues au sein du Mécanisme de la société civile.

Avant d’ouvrir la session aux questions, je voudrais signaler que la vidéo de Gisela sera disponible en ligne sur notre site, sur le site du Mécanisme de la société civile. Seront également disponibles les documents qui ont été publiés dans le tchat et qui seront progressivement mis en ligne à la fois en termes d’analyse, de positionnement et aussi de la vision du Mécanisme de la société civile en ce qui concerne les Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition. Ces documents sont d’ores et déjà disponibles sous formes de liens dans le tchat et seront également disponibles sur le site web.

Je voudrais maintenant tous vous inviter à poser des questions, nous ouvrons la session aux questions, vous pouvez lever la main à travers l’icône du système ou écrire la question dans le tchat et nous donnerons la parole à ceux qui veulent répondre au nom du Mécanisme de la société civile. Alors, allez-y, posez vos questions. Je ne vois pas encore de questions, donc si quelqu’un souhaite s’exprimer directement, qu’il lève la main.

Je ne sais pas si quelqu’un du groupe de travail souhaite prendre la parole pendant qu’il y a des questions. Nos interventions ont été faites dans la perspective dans laquelle nous les avions prévues et je répète que le champ est ouvert aux interventions et aux questions.

Permettez-moi de donner la parole, tout d’abord au représentant du Sénégal, M. Baye Mayoro Diop, s’il vous plaît, c’est à vous.

Baye Mayoro Diop: Représentant de la délégation du Sénégal auprès des agences basées à Rome

Bonjour, je pense que c’est Hernando, je vous remercie pour l’invitation, d’abord et pour les excellentes contributions et interventions que j’ai entendues, que je partage entièrement. Je pense que Charlotte et Hamadi ont souligné les faiblesses des Directives volontaires que nous avons adoptées récemment. Ils et elles ont également rappelé les points positifs qu’il y avait dans ces Directives et sur lesquels on pourrait s’appuyer pour les améliorer. Je pense que c’est la seule chose qui nous reste à faire. Donc en tout cas, je pense que le Mécanisme de la société civile ainsi que tous les pays épris du développement durable, de la durabilité, ont à poursuivre leurs efforts pour que dans le futur, les négociations qu’on aura à mener, par exemple sur l’agroécologie ou bien tout autre document, dans d’autres instances, puissent permettre d’améliorer les points faibles de ces directives. A ce propos, d’ailleurs, la question que je voudrais poser c’est de savoir si, dans le cadre du suivi, il y a des actions à mener, ou bien… en tout cas du côté de la société civile? Quelles sont, selon vous, les actions pertinentes qu’il conviendrait d’entreprendre pour être là et être de veille en vue d’améliorer la situation. Je vous remercie, Mesdames et Messieurs.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci beaucoup au délégué du Sénégal. Nous aimerions profiter de cette occasion pour remercier les États membres pour leur coopération et leur dialogue lors des interventions du Mécanisme de la société civile et pour le soutien apporté à nos proposition. C’est l’occasion de le faire. J’aimerais savoir si quelqu’un du Mécanisme de la société civile souhaite répondre à la question sur le suivi et les modalités de suivi de la société civile dans ce processus. Je ne sais pas si Sofía Monsalve veut répondre ou Isa ?

Isabel Alvarez : Urgenci
Oui, merci, merci pour la question et je me joins aux remerciements. Je pense qu’il est important de rappeler qu’il y a eu des États qui ont soutenu certaines de nos positions, n’est-ce pas ? Je pense qu’il est également juste de les remercier pour leur soutien.

Eh bien, en ce qui concerne la question qui a été soulevée, eh bien, nous allons assurer le Suivi des actions entreprises par les États. Comme nous l’avons déjà mentionné, nous avons développé notre propre Document de vision, qui va au-delà des Directives et pour nous, la mise en oeuvre de ces actions aura notre priorité. Bien sûr, au niveau local, dans la mesure où nos États mènent des actions, nous serons là pour assurer le suivi. Mais pour le moment, nous n’avons pas d’actions concrètes à proposer par rapport à ces Directives.

Nous allons mener des actions, investir notre énergie, bien sûr, dans le suivi de ce que les États peuvent faire au niveau local, mais surtout dans le développement d’actions qui transforment réellement les systèmes alimentaires.

Et nous sommes d’avis que les Directives auraient dû être plus ambitieuses et définir réellement les objectifs à atteindre, et non se contenter des le départ de poser des seuils minimums. D’où la déception de nombreuses parties prenantes de nos secteurs sociaux.

Donc, bon, je ne sais pas si cela clarifie les choses, je veux dire que nous n’avons pas d’actions concrètes par rapport à ces Directives, notre priorité en ce moment est avant tout de diffuser et de développer notre Document de vision et bien sûr d’assurer le Suivi des actions qui peuvent être proposées par les gouvernements.

Hernando Salcedo : FIAN Colombia
Merci beaucoup Isa, oui je pense que, pour compléter ce que tu viens de dire, c’est le Document de vision qui, comme je l’ai dit, est consultable sur le site web ainsi que disponible dans le tchat, c’est ce document qui est notre horizon et notre perspective de suivi et d’action dorénavant, donc c’est important de le préciser. Je vais maintenant donner la parole à Patti Rundall de l’IBAN qui a demandé à intervenir sur une question. Vas-y Patti.

Patti Rundall: IBFAN

Merci, cela a été très intéressant de prendre part à ce processus.

Je suis également observatrice des processus de l’OMS et du Codex.

IBFAN a joué un rôle important dans l’élaboration de résolutions et de normes, toutes liées à l’alimentation, au commerce des aliments, au marketing néfaste et à la lutte contre le marketing néfaste. Et il a été fascinant d’observer ce processus et très décevant, vraiment très décevant, de voir comment les propositions vraiment merveilleuses du MSC ont été si souvent écartées.

Et je suis d’avis que l’approche multipartite de l’élaboration des politiques est de plus en plus utilisée. Et ce processus avec les Directives volontaires semble être un exemple honteux qui ne va pas servir l’idée ou la notion que vous pouvez résoudre de tels problèmes par un processus multipartite. De mon point de vue, ce processus ne respecte pas du tout les membres de la société civile. Il utilise une partie de ce qu’ils font et l’intègre, puis le sape en ajoutant des réserves qui rendent la plupart des bonnes mesures inapplicables et rendent les choses très confuses pour les décideurs politiques.

Ainsi, dans le domaine que je connais le mieux, l’alimentation des nourrissons, c’est tout simplement épouvantable, je ne peux pas comprendre comment quelqu’un ait pu laisser passer cela, c’était tout simplement terrible, de défaire 40 ans de travail dans l’élaboration de bonnes résolutions qui protègent les mères, les enfants et les familles contre le marketing nuisible. Tout cela a été soudainement éliminé et nous sommes revenus à la situation de 1981, avec le très important Code. Ce texte des Directives ne contient vraiment aucune des résolutions et aucune des reconnaissances que ce marketing doit être réglementé, il n’y a rien à ce sujet.

Pour moi, il est absolument extraordinaire que les membres de ce groupe aient pu laisser faire et permettre l’adoption de cette mesure alors qu’elle ne reflète même pas les résolutions importantes et les autres documents importants qui protègent réellement la santé, l’environnement et tout le reste.

Je suis donc intriguée par le fait que ce projet ait pu être adopté dans la précipitation, sans aucun recours à ce que disaient les États membres, et qu’il soit devenu de plus en plus faible dès le début. Je trouve cela très, très inquiétant.

Et je pense vraiment que les gens devraient l’examiner et se demander “comment les choses vont-elles se passer à l’avenir ? Les entreprises utiliseront-elles la section sur le Code, par exemple, et diront-elles qu’elles sont désormais conformes aux directives volontaires ?» Je veux dire, ce serait un désastre et les États membres seraient inquiets, ils leur prendraient de l’argent, ils penseraient qu’ils sont en conformité alors qu’ils ne le sont pas. Et les entreprises sont très, très habiles à tromper les gens sur ce que signifient réellement le Code et les résolutions et tous ces autres documents et documents sur les Droits humains.

Je m’arrête donc là, mais j’aimerais que quelqu’un me dise pourquoi ce texte a été adopté si rapidement sans aucune traduction… La dernière partie de cette section, il n’y a même pas eu de traduction. Je n’arrive pas à croire que cela ait pu être adopté si rapidement. Merci.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci Patti. Nous avons encore quelques minutes, je vais donner la parole à l’Union européenne, par la voix de Damien. Allez-y..

Damien Kelly – Représentant UE:

Merci, Hernando et merci au MSC et à tous les intervenants pour cet événement important, et je pense qu’il est vraiment important que le MSC ait pris l’initiative d’expliquer très précisément sa position, après une analyse majeure et un énorme investissement dans le processus en lui-même et dans l’évaluation du résultat. Et naturellement, de notre côté, il faudra une analyse plus approfondie pour développer une position officielle.

Mais je voulais tout d’abord prendre la parole pour exprimer mon appréciation de cet événement. Lorsque nous réfléchissons, nous savons que les Directives volontaires étaient un projet ambitieux et qu’elles couvrent un vaste domaine, ce qui n’avait jamais été tenté auparavant. Il y avait donc beaucoup d’ambition pour ce processus. Et puis, comme vous l’avez dit à juste titre, il y a eu de nombreux défis, notamment le COVID et d’autres défis que vous avez mentionnés. Et nous devons tous en tenir compte et les prendre en considération.

Et juste pour dire que dans mon entourage, il y a un respect absolu pour les positions du MSC et une forte appréciation de sa voix et de son investissement. Et aussi une appréciation de toute cette, je dirais, cette écoute des deux côtés, et je comprends parfaitement que la conclusion du MSC était que ce n’était pas suffisant, et cette décision est absolument respectée.

Et naturellement, il y aura de la déception vis-à-vis l’analyse du MSC, tout comme il y en a eu pendant le processus. Et je suppose que cela a un impact sur l’image globale du CSA, et qu’on s’éloigne ici des normes que nous avons connues au CSA, avec le lancement de produits depuis la réforme, et tout ce que cela implique pour le CSA ainsi que pour les Directives volontaires.

Mais je pense qu’il est très important que le MSC continue à être fortement impliqué et que nous allions de l’avant dans le plaidoyer autour du produit et les débats qu’il suscite, ainsi que les actions de suivi qui suivront à travers des événements thématiques et ainsi de suite.

Il y a donc beaucoup de choses à dire, la conversation n’est pas du tout terminée. Et cet aspect est vraiment important à considérer, vous savez, la prise en compte du futur de l’ensemble du sujet. C’est donc très encourageant de voir que l’enthousiasme du MSC est intact, malgré les critiques évidentes sur le sujet, et il est clair que la conversation n’est pas du tout terminée. Peut-être que ce n’est que le début de quelque chose de positif. Et je pense qu’une critique saine est très bienvenue et très importante en fait, tout en tenant compte, comme l’a dit le Sénégal, des points positifs. Je pense comme l’a dit Hernando, que c’est quelque chose sur lequel nous pouvons vraiment travailler, malgré les réserves qu’il a exprimées.

Donc, juste pour dire que, vous pouvez être assurés de l’intérêt porté aux positions du MSC pendant les négociations. Et comme vous savez, comme cela a été dit à juste titre, diverses parties ont soutenu le MSC, mais qu’il faut comprendre que ce soutien a été jugé insuffisant, et c’est la réalité des faits, même si votre position est appréciée.

Il faut aussi tenir compte de l’importance du nombre de participants à cette conférence. Il y a eu plus de 80 personnes présentes à un moment donné, vous savez, donc l’attention portée au message du MSC est manifestement toujours très vivante. Et c’est bon de voir des débats aussi actifs. Et cette participation a été mentionnée comme étant essentielle à l’existence de la plateforme multipartite qu’est le CSA, et nous devons garder cela vivant. Comme Isa l’a souligné, c’est vraiment positif de voir la publication du Document de vision et j’ai hâte de l’analyser. Je pense que c’est un début de conversation très constructif pour l’avenir. Et ce malgré toutes les contraintes, le processus et les critiques constructives. C’est donc quelque chose de très tangible sur lequel travailler. Oui, je pense que c’est intéressant. Nous pouvons réfléchir au CSA à l’avenir et cela peut faire partie de ce débat. Et peut-être que c’est une réflexion sur la façon dont nous pouvons tous collectivement améliorer le CSA à l’avenir. Et c’est vraiment important. Et à mesure que nous avançons… et je pense que l’essentiel est que nous améliorions collectivement la sécurité alimentaire et la nutrition pour tous, et cela va au-delà de tout document. Merci beaucoup.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci Damian, une porte s’ouvre et je pense que le Mécanisme va faire un commentaire avant de donner la parole au Mali et à la France, donc je ne sais pas si Sofia veut intervenir.

Oui, merci beaucoup et bonjour, bon après-midi à vous tous et nous sommes vraiment très, très, très heureux de votre présence et de ce dialogue entre nous.

Damian, vous avez soulevé la question de savoir ce que cela signifie pour notre position, ce que cela signifie d’exprimer si clairement notre grande déception à l’égard des Directives et de dire que, eh bien, nous ne pouvons pas soutenir ce document.

Et ce que cela signifie pour le CSA, et je pense qu’Isa l’a très bien dit, lorsque nous sommes dans des espaces démocratiques qui croient vraiment à la démocratie et respectent les différences d’opinion des uns et des autres, il faut parfois accepter d’entendre un NON.

Et c’est précisément parce que nous croyons en l’esprit démocratique du CSA que nous le faisons. Donc, de notre point de vue, cela renforce le CSA, car nous disposons d’un espace institutionnel au sein des Nations unies, où les secteurs sociaux que nous représentons peuvent réellement apporter leurs visions et les exprimer ouvertement, sans aucune coercition et sans aucun type de chantage. Il s’agit donc d’un signal très important qui, vu sous un angle plus macro, renforce le CSA.

Maintenant, nous l’avons dit, vous avez également laissé entendre que la conversation ne fait que commencer, c’est vrai, c’est une question qui continue d’être pertinente, l’agenda international est maintenant pratiquement dominé par la question, les systèmes alimentaires, la transformation… donc nous ne pouvons pas nous soustraire à cette conversation.

Nous continuerons donc à soulever les questions que nous avons soulevées pendant la négociation, les critiques que nous avons formulées, nous continuerons à défendre les visions qui, selon nous, sont les bonnes pour résoudre ce problème.

Nous assurerons le suivi de ce que les États et les agences des Nations unies feront de ces directives et nous poursuivrons évidemment cette conversation essentielle. C’est donc notre point de vue et nous continuerons à parler, nous continuerons à interagir et bien… et nous le ferons. Merci beaucoup.

Hernando Salcedo : FIAN Colombia

Merci Sofia, vous apportez une réponse énergique mais qui ouvre des portes. Je vais donner la parole à la Suisse, Bruce, allez-y.

Bruce Campbell: Représentant de la délégation suisse auprès des agences basées à Rome

Oui, merci beaucoup Hernando. Bonjour. Bon après-midi, bonsoir, où que vous vous trouviez. Et oui, je partage une humeur et un sentiment similaire à ceux de mon collègue Damian de l’UE. Je voudrais certainement remercier le MSC d’avoir rendu possible cet événement aujourd’hui et de prendre le temps d’expliquer soigneusement leur position. En somme, ce n’est pas une décision que le MSC a prise à la légère. Et je me souviens que c’est après mûre réflexion que vous avez décidé de quitter les négociations à un stade ultérieur. Sachant également que le MSC s’est investi massivement dans ce processus et qu’il a contribué de manière considérable aux points positifs présents dans le document. Maintenant, nous, les Suisses, avons également le sentiment que ces Directives volontaires sont en deçà de leur potentiel et nous sommes également déçus de ne pas être parvenus à un document plus progressif au final.

La question demeure évidemment de savoir si le monde est meilleur avec ou sans ces Directives. Dans l’ensemble, nous pensons que oui et nous attendons avec impatience les processus à venir menant Sommet des systèmes alimentaires et les processus futurs, afin de parvenir à un résultat meilleur et plus équitable pour l’environnement, mais aussi pour l’humanité, pour les producteurs de denrées alimentaires. Et surtout pour ceux qui sont en marge de la société et des systèmes économiques.

Mais, pour revenir sur la question de construire un monde meilleur, le monde ne sera meilleur que si le MSC continue son engagement, apporte son savoir-faire, permet l’expression des voix des marginalisés et fournit une boussole morale… tous éléments qui ont été très importants dans cette négociation, et qui le seront encore dans les processus futurs. C’est quelque chose sur laquelle nous comptons pour l’avenir et nous l’attendons avec impatience. Merci.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci beaucoup Bruce, je pense également que cela ouvre la possibilité que ce que nous avons appris dans cette négociation aura un impact sur les négociations futures, comme celles des Directives sur l’agroécologie. Je vais maintenant donner la parole à la déléguée du Mali. La parole est à vous, Madame.

Halimatou Traore: Représentante de la délégation du Mali auprès des agences basées à Rome

Merci, bonjour tout le monde. Je vais aller très rapidement. Je remercie le MSC pour cette séance. Je pense que cette séance était nécessaire, elle a permis d’apprendre les leçons. Et elle doit permettre au Mécanisme de la société civile de se positionner pour les futures négociations. J’abonderai dans le même sens que Hamadi, mon compatriote. Pour aller vite, je dirai que hormis cette Directive qui n’a fait que couler beaucoup d’encre, avec beaucoup de mécontentement, je voudrai savoir quelle est la manière que le Mécanisme de la société civile compte s’y prendre pour la diffusion des produits du CSA? Je vous remercie.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci beaucoup à la délégation du Mali. Je ne sais pas si quelqu’un du MSC souhaite répondre ?

Avant de donner la parole à la France, la déléguée du Mali a posé une question sur les produits futurs, mais en tout cas je lui répondrais que notre Document de vision est l’horizon à partir duquel nous allons assurer le Suivi et la progression des actions du Mécanisme de la Société Civile par rapport à cette discussion. Ce document est disponible en ligne et nous avons, en nous fondant sur ces produits un point de vue, voire un objectif qui guide nos actions concrètes pour l’instant, n’est-ce pas ?

Je vais maintenant donner la parole à la France et je voudrais remercier les interprètes d’être restés cinq minutes de plus pour nous permettre de terminer nos discussions, malgré le fait que nous ayons dépassé le temps imparti, merci beaucoup. La déléguée de la France, s’il vous plaît Delphine, allez-y.

Delphine Babin-Pelliard: Représentante de la délégation française auprès des agences basées à Rome

Merci beaucoup et bonjour à tout le monde. Je vais être aussi très brève et merci aux interprètes de rester pour me permettre de parler en Français. Je voulais d’abord remercier vivement le Mécanisme de la société civile pour cette réunion qui est, effectivement, comme l’ont dit mes collègues, très importante pour bien comprendre ce qui a amené le MSC à prendre cette position. Donc je vous remercie d’avoir exprimé clairement vos positions, que nous notons et que nous comprenons. Nous comprenons votre déception, nous comprenons vos positions sur certains aspects et bien sûr cette position nous attriste vivement car je pense qu’il est important de dire à nouveau, une fois de plus, que le CSA sans le MSC, sans la société civile, ce n’est pas le CSA et que nous avons besoin de tous les acteurs pour que ce CSA existe, soit dynamique, soit vivant, et puisse aboutir à des Directives ambitieuses. Alors, bien sûr, le maintien du statu-quo comme vous l’avez énoncé, ce n’est pas non plus ce que souhaite la France dans les Directives.

Maintenant je pense qu’il faut qu’on regarde de l’avant, à la fois dans tout ce qui concerne la mise en oeuvre de ces Directives, en faveur effectivement des personnes qui sont le plus dans le besoin, pour améliorer la sécurité alimentaire mondiale, et je pense que nous avons tous un rôle à jouer, pour mettre en oeuvre au mieux ces directives et au-delà, et puis aussi un message positif pour la suite, pour les négociations sur l’agroécologie, qui sont en cours et qui doivent permettre d’atteindre les objectifs de chacun, dans une ambiance aussi constructive que possible, comme cela a été le cas déjà depuis le début des négociations.

Et je voulais réitérer le fait que la France est aux côtés de tous les mobilisés pour faire de ce texte en cours un texte ambitieux. Donc tournons nous vers l’avenir, soyons tous constructifs. Je pense que c’est extrêmement important pour le CSA et nous avons la chance d’avoir ce CSA qui existe avec tout ses acteurs et c’est une grande richesse et donc préservons ces richesses. Merci beaucoup.

Hernando Salcedo: FIAN Colombia

Merci beaucoup Delphine. Nous, les membres du Mécanisme de la société civile, allons clore cet espace en rappelant que notre horizon est guidé par le Document de vision et aussi par d’autres produits du Comité de la sécurité alimentaire qui sont en accord avec son véritable mandat et c’est sur ce point que nous voulons insister. La fonction du CSA et son mandat sont les moteurs de notre action en tant que Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones. Et en cela, nous ne nous alignons pas sur des politiques dictées par une capitale mais sur les volontés communiquées par tous les peuples, régions et pays que nous représentons en termes de personnes souffrant de la faim et de petits producteurs. C’est notre engagement et c’est également l’engagement pris dans le cadre du mandat du CSA.

Je voudrais donc vous remercier tous d’avoir participé à cette réunion, remercier les interprètes et je vous souhaite un bon reste de la semaine et vous invite à consulter les documents sur notre site web. Encore une fois, merci à vous tous.

Assistance:

Merci, merci aux interprètes !

Merci !

Merci beaucoup !

En savoir plus sur la position du MSC vis-à-vis des Directrices volontaires du CSA sur les systèmes alimentaires et la nutrition

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