-
- Ils appellent le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) des Nations unies à retrouver son rôle central en tant que plateforme pour la cohérence des politiques et la reddition de comptes dans la gouvernance alimentaire mondiale.
-
- 20 octobre 2025, Rome. Alors que le monde est confronté à des crises sans précédent et étroitement liées, le Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones (MSCPA) pour les relations avec le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) des Nations unies appelle à la cohérence des politiques et à la reddition de comptes dans la gouvernance alimentaire mondiale. Lors de la 53e session plénière du CSA (CSA 53), le MSCPA exhorte les gouvernements à transformer les systèmes alimentaires en s’appuyant sur le Cadre international des droits humains et sur les principes de la souveraineté alimentaire, de l’agroécologie, de l’égalité des droits entre les genres et de la justice climatique.
La session plénière offrira un espace de dialogue sur un large éventail de questions qui sont essentielles pour la réalisation du droit à l’alimentation. A cette occasion, le MSCPA demande à ce que les voix des petits producteurs, des femmes, des personnes issues de la diversité des genres et des jeunes agriculteurs, ainsi que des peuples autochtones, toutes personnes qui nourrissent le monde, soient entendues de manière prioritaire au coeur de la gouvernance alimentaire mondiale.
La session plénière offrira un espace de dialogue sur un large éventail de questions qui sont essentielles pour la réalisation du droit à l’alimentation. A cette occasion, le MSCPA demande à ce que les voix des petits producteurs, des femmes, des personnes issues de la diversité des genres et des jeunes agriculteurs, ainsi que des peuples autochtones, toutes personnes qui nourrissent le monde, soient entendues de manière prioritaire au coeur de la gouvernance alimentaire mondiale.
L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2025 a estimé qu’entre 638 et 720 millions de personnes, soit environ 7,8 % et 8,8 % de la population mondiale, respectivement, étaient confrontées à la faim en 2024. Tandis que la faim et les inégalités continuent d’augmenter, le changement climatique, la perte de biodiversité, l’accaparement des terres et la dégradation de l’environnement sont aggravés par les systèmes alimentaires industriels, qui restent les principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre. Les effets de ce système alimentaire industriel touchent de manière disproportionnée les populations du Sud global, aggravant encore les difficultés rencontrées sur le terrain.
Dans cette structure inégale, les femmes rurales, les personnes issues de la diversité des genres et les jeunes sont victimes de discriminations intersectionnelles et subissent le fardeau accru des travaux domestiques non rémunérés, alors qu’ils nourrissent le monde et prennent soin des personnes et des écosystèmes. Cette situation est encore perpétuée par les régimes commerciaux et de négoce, les systèmes financiers et les structures actuelles du système de la dette, qui enferment les pays dans des cycles de dépendance et d’exploitation. Partout dans le monde, les guerres, les occupations militaires et les régimes coloniaux détruisent des vies, des moyens de subsistance et des écosystèmes.
Lors de la 53e session du CSA, une table ronde dédiée marquera le 10e anniversaire du Cadre d’action pour la sécurité alimentaire et la nutrition lors des crises prolongées (Cadre CSA-FFA), qui est le résultat d’années de plaidoyer mené par les communautés vivant sous le joug de la guerre, de l’occupation et de crises prolongées. Le Cadre CSA-FFA a été une réalisation majeure pour la société civile, reconnaissant que les interventions doivent s’attaquer aux causes racines de la faim, défendre les droits humains, garantir la reddition de comptes et soutenir les systèmes alimentaires locaux ainsi que la souveraineté alimentaire.
Sous l’égide du MSCPA, les organisations sociales exigent que les conclusions de la plénière reflètent la réalité du génocide par la faim à Gaza, en reconnaissant que la famine à Gaza est provoquée par l’homme, comme l’a souligné le Comité d’examen de la famine du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC). Elles exigent la mise en place de mécanismes internationaux de responsabilité et de reddition de comptes à l’encontre des acteurs impliqués dans l’utilisation de la faim comme arme, de l’exploitation et la destruction des systèmes alimentaires, et ce notamment par le biais de sanctions et de contre-mesures légales.
La CSA 53 approuvera également les recommandations politiques du CSA sur le renforcement des systèmes alimentaires urbains et périurbains. Dans ce contexte, le MSCPA lancera son Document de vision sur les systèmes alimentaires urbains et périurbains (en Anglais), qui rassemble des témoignages et des études de cas provenant de diverses régions et circonscriptions à travers le monde, mettant en évidence les expériences de ceux qui œuvrent à la transformation des systèmes alimentaires dans les contextes urbains et périurbains.
La plénière marquera également le début d’un nouveau processus de convergence politique visant à élaborer des recommandations pour l’élaboration de systèmes alimentaires résilients, avec le lancement du rapport du Groupe d’experts de haut-niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (GEHN-SAN) sur le même sujet.
Dans le monde, les communautés ouvrent la voie à la transformation des systèmes alimentaires. Les petits producteurs alimentaires, les peuples autochtones, les femmes et les jeunes font progresser les transitions agroécologiques, revitalisent les marchés territoriaux et renforcent les systèmes alimentaires locaux fondés sur la réciprocité, la solidarité et la bienveillance. C’est pourquoi le MSCPA exhorte les gouvernements et les institutions internationales participant à la 53e Session plénière du CSA à œuvrer afin de combler le fossé qui existe entre l’élaboration des politiques et les réalités vécues sur le terrain par les populations.
Reconnaissant que le CSA est le seul espace des Nations unies dans lequel la société civile et les mouvements sociaux peuvent demander des comptes aux institutions et exiger la cohérence au sein du système de l’ONU, grâce à leur participation directe et non en tant que simples observateurs, le MSCPA appelle à renforcer le rôle central du CSA en tant que plateforme pour la cohérence des politiques et la reddition de comptes dans la gouvernance alimentaire mondiale.
————-FIN————
- * Avant la session plénière du CSA, les organisations de la société civile et des peuples autochtones se sont réunies pour un forum annuel de deux jours, rassemblant des organisations de la société civile et des peuples autochtones, ainsi que des mouvements sociaux de petits agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs, de peuples autochtones, de travailleurs agricoles et alimentaires, de sans-terre, de femmes, de jeunes, de consommateurs, de personnes en situation d’insécurité alimentaire urbaine et d’ONG, provenant de différentes régions d’Asie, d’Afrique, d’Asie occidentale, d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique latine et des Caraïbes, afin d’élaborer une analyse collective régionale et mondiale et de consolider les revendications qui seront portées conjointement pendant la semaine de la session plénière.
Participez aux manifestations parallèles virtuelles du MSCPA pendant la 53e Session plénière du CSA (liens en Anglais)
- Le droit à l’alimentation lors des conflits armés, les situations d’occupation et les crises prolongées : mettre en œuvre le Cadre d’action du CSA (CDA-CSA)
- Securing Land Rights for Climate Action, Biodiversity and Food: Indigenous Peoples and Family Farmers leading the way through Agroecology, Knowledge and Safeguards, aligning with the ICARRD+20 Vision
Ressources
Contact médias
- Betsy Díaz betsy.diaz.millan@csm4cfs.org | +52 55 61747302 | Chargée de communication du Secrétariat du MSCPA
