Des centaines d’organisations de base se mobilisent contre le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires

Du 25 au 28 juillet 2021, les organisations de la société civile et des peuples autochtones lancent une contre-mobilisation mondiale pour protester contre le pré-sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires. 

Rome, Italie. 19 juillet 2021. Plus de 300 organisations issues de la société civile mondiale et représentant des petits producteurs alimentaires, des chercheurs et des peuples autochtones se réuniront du 25 au 28 juillet pour un événement virtuel afin de protester contre le pré-Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires. La Contre-mobilisation des peuples pour la transformation des systèmes alimentaires des entreprises est la dernière en date d’une série d’initiatives qui rejettent le Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS), y compris une coalition de scientifiques qui ont lancé une pétition pour appeler à le boycotter.

La Réponse autonome des Peuples au Sommet affirme que ce Sommet détourne l’attention des vrais problèmes auxquels la planète est confrontée en ce moment critique. Le Sommet des systèmes alimentaires est le fruit d’un partenariat entre l’ONU et le Forum économique mondial (qui rassemble les 1000 plus grandes entreprises du monde). Il est influencé de manière disproportionnée par les acteurs du monde des affaires et présente un manque criant de transparence et de mécanismes de responsabilité. Il accapare et détourne les efforts, la masse critique et les ressources financières au détriment des véritables solutions nécessaires pour lutter contre les multiples crises de la faim, du climat et de la santé.

Les systèmes alimentaires mondialisés et industrialisés sont un échec pour la majeure partie de la population et la pandémie de Covid-19 a encore aggravé la situation. Selon le Rapport SOFI 2021 publié par les Nations unies sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique dépasse aujourd’hui les 811 millions, tandis que près d’un tiers de la population mondiale n’a pas accès à une alimentation adéquate. Les pays du Sud subissent encore de plein fouet les impacts de la Covid-19, la pandémie agissant comme un révélateur des asymétries structurelles de pouvoir, des fragilités et de l’injustice qui caractérisent le système alimentaire prédominant.

Over 380 million people make up the transnational movements of peasants and farmers, women, youth, Indigenous Peoples, pastoralists, landless, migrants, fisherfolk, food and agricultural workers, consumers, and urban food insecure joining the protest. They demand a radical transformation of corporate food systems towards a just, inclusive and truly sustainable food system. They equally demand strengthening existing democratic food governance models such as the UN Committee for World Food Security (CFS) and respecting its High-Level Panel of Experts (HLPE). The UNFSS threatens to undermine CFS, which is the foremost inclusive intergovernmental international policy-making arena. By exceptionally prioritizing a human rights-based approach, the CFS provides a space for the most affected to have their voices heard. Yet the multilateral UN system is being hijacked by corporate interests to legitimize an even more detrimental, technologically-driven and crisis-ridden food system.

Cette contre-mobilisation reflète les préoccupations relatives à l’orientation du Sommet. Malgré ses prétentions à être un “Sommet des peuples” et un “Sommet des solutions”, l’UNFSS ouvre de fait la porte à une plus grande concentration des entreprises dans ce secteur, favorise les chaînes de valeur mondialisées non durables et renforce l’influence de l’agrobusiness sur les institutions publiques.

Les fausses solutions vantées par l’UNFSS incluent des solutions soi-disant “positives pour la nature”, des programmes volontaires de durabilité pour les entreprises ainsi que la promotion des OGM et de la biotechnologie, de l’agriculture régénérative ou encore de l’intensification durable de l’agriculture. Or ces solutions ne sont ni durables, ni abordables pour les petits producteurs de denrées alimentaires, et ne servent pas le bien public. Le Sommet est une tentative des acteurs du monde corporate de normaliser des solutions technologiques à court-terme et nuisibles, qui ne s’attaquent pas aux injustices structurelles comme l’accaparement des terres et des ressources ou encore la perte de biodiversité et les inégalités économiques.

La contre-mobilisation des peuples, en parallèle au Sommet, fera connaître les réalités des petits producteurs alimentaires et des travailleurs dans l’agro-alimentaire ainsi que leurs visions d’une transformation des systèmes alimentaires basée sur les droits humains et sur l’agroécologie. Cette mobilisation veut souligner l’importance de la souveraineté alimentaire, de l’agriculture durable à petite échelle, des savoirs traditionnels, des droits d’accès aux ressources naturelles ainsi que des droits des travailleurs, des peuples autochtones, des femmes et des générations futures.

Les discussions de ce contre-sommet seront centrées sur des solutions réelles : l’instauration de mécanismes régulateurs contraignants pour limiter les abus des entreprises, l’abandon de l’utilisation de pesticides et la mise en œuvre de l’agroécologie en tant que science, pratique et mouvement. Le programme comprendra les activités suivantes :

  • 25 juillet 2021 : Un rallye virtuel mondial afin de faire entendre les voix des peuples et des petits producteurs alimentaires à travers le monde.
  • 26 juillet 2021 : Une déclaration politique, suivie de trois tables rondes publiques sur les impacts de la pandémie Covid-19, les crises de la faim et du climat.
  • 27 juillet 2021 : 15 séances virtuelles auto-organisées par la société civile et présentant les alternatives et les visions des peuples concernant les systèmes alimentaires.
  • 28 juillet 2021 : Une table ronde de clôture avec une synthèse préliminaire de la contre-mobilisation et une feuille de route pour affronter le Sommet en septembre.

Des informations complémentaires seront fournies lors d’un point presse le 22 juillet 2021 à 13h30 (heure de Rome), suivi d’une session de questions-réponses. Merci de vous inscrire sous ce lien pour y participer. Un service d’interprétation simultanée sera fourni en français, anglais et espagnol.

Contacts médias :

Marion Girard | Attachée de presse du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones (MSC) pour les relations avec le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) des Nations unies. [email protected]

Ressources

https://youtu.be/1SR4oJgHD1Y
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