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« Combien de temps vous faut-il pour que nos voix atteignent vos cœurs ? Nous ne nous voyons pas reflétés dans ce document, vous nous avez enlevé nos voix, vous avez effacé nos voix. Quelle triste réalité. Cela fait mal. »

En tant que collectif diversifié, composé de personnes du Sud et du Nord, nous, paysannes, femmes Autochtones, femmes de pays déchirés par la guerre, femmes vivant sous l’occupation, personnes non cis hétéro-normatives, femmes pratiquant la pêche artisanale, femmes sans terre, femmes pratiquant l’élevage et le nomadisme, femmes travaillant dans l’agriculture et dans l’industrie alimentaire, consommatrices et femmes précaires urbaines en situation d’insécurité alimentaire, nous affirmons de manière répétée, sur la base de nos expériences vécues, que les femmes et les autres personnes qui sont historiquement soumises à des discriminations en raison de leur orientation sexuelle et/ou de leur identité de genre souffrent de formes multiples et croisées de discrimination. Chaque forme de discrimination et d’injustice nous empêche de réaliser notre Droit humain à une alimentation et une nutrition adéquates, un droit qui est interdépendant de tous les autres Droits humains. 

Tout au long du processus d’élaboration des Directives volontaires sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles (GEWE) menées par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) de l’ONU, malgré les difficultés que nous avons rencontrées pour partager des témoignages personnels de la violence subie, nous avons néanmoins pu démontrer et dénoncer à quel point la violence fait encore partie de notre quotidien. Nous avons pu apporter des preuves de la manière dont cette violence s’entrecroise avec d’autres formes d’oppression, nous empêchant d’accéder aux ressources naturelles, de produire et d’accéder à la nourriture dans la dignité.

Partout dans le monde, nous luttons collectivement pour exposer et modifier les hiérarchies du pouvoir sociopolitique qui sont ancrées dans les relations de genre. Nous luttons pour une société et un système alimentaire où tous les genres et toutes les sexualités ont les mêmes droits.

« La guerre a féminisé la pauvreté et la faim. Pensez-vous qu’il soit possible de parler du droit à l’alimentation sans parler de la paix ? La plupart de ces femmes qui sont restées pauvres, qui luttent contre la faim, sont des paysannes. Et ici, on leur refuse le statut même de paysannes. »

Depuis 2019, le processus de convergence des politiques visant à élaborer des Directives volontaires sur l’égalité des droits entre les genres et l’autonomisation des femmes et des filles a fait écho à l’engagement du CSA de faire progresser l’égalité des droits entre les genres, vers la réalisation progressive du Droit humain à une alimentation adéquate. Il a également reflété la nature participative et inclusive du CSA.

« Venant du continent africain, je voudrais exprimer ici ma déception, surtout lorsque vous parlez de questions autour de l’intersectionnalité, parce que là d’où je viens, sur mon continent, une seule femme peut subir de très nombreuses formes différentes d’oppression concomitante ; c’est la réalité de millions de personnes. »

Au lieu d’éviter les questions controversées, il serait plus efficace de les aborder et d’en discuter, y compris de leur pertinence pour la relation entre l’égalité des droits entre les genres, la sécurité alimentaire et la nutrition. C’est pourquoi nous insistons sur notre proposition que le CSA organise des sessions spéciales au cours desquelles des experts (agents des Nations unies, rapporteurs spéciaux, experts indépendants des Nations unies, groupes de travail des Nations unies, académiques, organisations spécialisées de la société civile, etc.) puissent présenter des données probantes qui permettront d’alimenter les débats successifs entre les membres du CSA et les participants. Étant donné que le processus GEWE n’a pas bénéficié d’un rapport du Groupe d’experts de haut niveau (HLPE), ces réunions étaient en fait déjà prévues et budgétées, mais n’ont jamais eu lieu. 

Deux domaines thématiques sont essentiels pour ces sessions spéciales :

  • Tout d’abord, des sessions sur les approches et le langage transformatifs de genre, notamment l’intersectionnalité, les droits en matière de santé sexuelle et reproductive, la violence sexuelle et sexiste, la diversité des genres et les approches de transformation du genre.
  • Deuxièmement, des sessions sur ce que le CSA entend par « langage convenu des Nations unies », y compris les références aux personnes paysannes et à la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) mais aussi le mandat du CSA et son rôle vis-à-vis de ce « langage convenu des Nations unies » et la manière dont ce langage devrait être inclus dans les négociations politiques du CSA.

Une discussion bien informée sur ces domaines thématiques sera bénéfique au processus de convergence des politiques du GEWE du CSA, ainsi que plus généralement aux prochains axes de travail du CSA. Nous espérons que ces sessions pourront favoriser la discussion, fournir des orientations sur les domaines thématiques identifiés jusqu’à présent, et aider à trouver une voie à suivre, sur la base d’un consensus significatif.

« Le processus et la manière dont les choses sont mises en œuvre est probablement la raison d’être de notre réunion de ce jour. Si nous ne changeons pas notre façon de faire, si nous n’écoutons pas ceux qui sont vraiment au cœur de ce document, si nous ne pouvons pas aller de l’avant, alors il n’y aura aucun moyen de changer les choses. »

Les citations incluses dans cette déclaration proviennent des interventions du MSCPA lors du 3è cycle de négociations des Directives volontaires du CSA sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles. Certaines ont été traduites depuis une autre langue que le Français et en conséquence une partie du sens original peut s’être perdu dans la traduction (NdT : c’est la raison pour laquelle la citation originale figure à chaque fois en-dessous de la traduction). 

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces interventions et sur notre engagement dans ce processus, vous pouvez :

  • Regarder nos vidéos sur la chaîne YouTube du MSCPA (CSMechanism) ici et ici
  • Si vous représentez une organisation appartenant à la société civile ou aux peuples autochtones et travaillant sur le droit à l’alimentation et l’égalité des genres, vous pouvez rejoindre le groupe de travail « Femmes et diversité des genres » du MSCPA en écrivant à : cso4cfs@gmail.com.
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