Ci-dessous se trouve l’intervention de Djibo Bagna, du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) et de la Plate-forme Paysanne du Niger. Djibo a donné un exemple concret de la manière dont, récemment, les Directives volontaires du CSA sur la gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts (VGGT) ont joué un rôle clé dans la formulation du Code rural du Niger.

Transcription: Au nom du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, remporter l’application des résultats du CSA est une question fondamentale. Je présenterai ensuite un cas concret au niveau national qui illustre bien beaucoup de nos messages clés. Je suis Bagna Djibo, je suis le président de la plateforme paysanne du Niger qui regroupe 13 secteurs dans le secteur de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de l’agroforesterie et de la transformation et je suis en même temps conseiller du réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest qui couvre 15 pays de l’espace CÉDÉAO.

Alors, pour le cas du Niger, je vais vous présenter. Le Niger est un pays vaste. Ça fait 1 287 000 km². Nous faisons face à un changement climatique. Les effets liés au changement climatique, on les vit chaque jour. Et c’est pour cela que très tôt, le Niger a mis en place ce qu’on appelle le Code du Rural, des principes d’orientation, et après 20 ans de mise en œuvre, l’État du Niger a décidé de faire une bilan de 20 ans de mise en œuvre du Code du Rural.

L’État a mis en place un comité multi-acteur, dedans vous allez retrouver les représentants de l’état, les organisations de la société civile, les chercheurs, le secteur privé, les partenaires en développement, tout le monde était impliqué dans ce comité national. Et ce comité national a pu, en tout cas, jouer un rôle déterminant en créant une espace de dialogue. Mais pour aller vers la politique foncière que l’on a adopté, nous avons utilisé des directives volontaires du CSA pour orienter notre travail, étant donné que déjà au niveau du CSA, les directives volontaires ont été un consensus pour l’ensemble des États et pour l’ensemble des organisations de la société civile. Donc ce qui a rendu le travail très facile pour nous, parce que c’est un travail qui a déjà été accepté. Parce que d’abord il permet de partager des expériences, les directives reconnaissent le rôle primaire des exploitations familiales, les directives fournissent des principes clairs à respecter basés sur les droits humains et une feuille de route pour le travail.

Maintenant, qu’est-ce que nous avons obtenu dans ce processus-là ? D’abord, le premier travail, c’est qu’on a eu une forte implication de l’ensemble des acteurs. Nous avons pu faire des exercices sur l’ensemble des régions du Niger. Nous avons impliqué les exploitations familiales et on leur a donné la possibilité d’influencer les discussions pour prendre en compte les préoccupations des petits producteurs. Et nous avons enfin, en 2021, adopté une politique frontière durable. Nous avons mis en place un comité, un consortium de la société civile, et nous avons pu obtenir aussi un cadre de concertation pour les PTF qui avaient pour but les jeunes.

Maintenant, quelle a été la leçon apprise pour nous ? La participation des acteurs les plus concernés doit être assurée à travers tout le processus de la négociation jusqu’à la mise en œuvre. La participation des paysans, les acteurs, les femmes et les jeunes a fait la différence, parce que ça a permis non seulement de renforcer leurs capacités, mais également de prendre en compte les préoccupations des différentes régions. Maintenant en termes de problèmes, le premier problème c’est la cohérence. Le gouvernement doit jouer un rôle pour éviter qu’il y ait de multiples initiatives, soit par les partenaires, soit par les ONG. Donc c’est très logique, ça permet de cadrer l’ensemble des intervenants. Le deuxième élément, le groupe de la FAO, en tant que conseiller technique de nos gouvernements, peut encadrer, et c’est ce qu’il a fait, il a fallu mettre en place les partenaires techniques, non seulement pour donner leur opinion, mais pour avoir des soutiens financiers cohérents.

L’autre leçon que nous avons pu tirer, c’est que les financements des politiques ne doivent pas relever seulement des financements extérieurs. Il faut que les États aussi mettent des ressources pour défendre ces politiques-là, mais pour soutenir la mise en œuvre de ces financements. Donc les financements ne doivent pas être seulement des financements extérieurs. Il faut que l’État aussi mette les moyens pour qu’on ait des politiques. L’autre élément, c’est la nécessité d’avoir une bonne stratégie de communication pour accompagner la mise en œuvre de produits d’information qui servent à atteindre les populations sur le terrain.

Et l’autre élément, c’est de ne pas oublier aujourd’hui les questions d’insécurité. C’est surtout la nécessité de faire ce qui est la part de l’ensemble du processus. Voilà ce que je tenais à dire, mais je rappelle que les autres collègues aussi vont compléter ce que je viens de dire. C’est juste pour vous montrer un cas concret. Je vous remercie.

Ressources:

Téléchargez les contributions écrites du MSCPA au projet de plan d’action du CSA sur la sensibilisation, l’appropriation, l’utilisation et l’utilité des résultats politiques du CSA.

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