La 53e session plénière du CSA a approuvé les Recommandations de politique générale sur le renforcement des systèmes alimentaires urbains et périurbains au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le contexte de l’urbanisation et de la transformation rurale. Tout au long de l’année, le processus a consisté de réunions du Groupe de travail à composition non limitée, de deux cycles de négociations et de consultations approfondies sur le projet de document de politique générale, impliquant plusieurs acteurs du CSA.

Le Groupe de travail du MSCPA sur les systèmes alimentaires urbains et périurbains a facilité la participation active des organisations de la société civile et de peuples autochtones à ce processus. Il a également publié un Document de vision qui rassemble une compilation d’études de cas et d’expériences du monde entier, montrant la manière dont les communautés entreprennent des actions concrètes en faveur de systèmes alimentaires qui répondent aux réalités et aux besoins des populations urbaines et périurbaines.

Lors des négociations, le MSCPA a exprimé des préoccupations quant aux revers dans la reconnaissance des droits des peuples autochtones à l’autodétermination et au consentement libre, préalable et éclairé. De ce fait, le MSCPA a appelé le CSA, à travers une note explicative, à respecter l’autonomie des peuples autochtones, telles qu’établie par le droit international, et plus particulièrement la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Lors de la 53e session du CSA, la déclaration du MSCPA a été prononcée par Samuel Ikua (Kenya/HIC) et Ximena Moreno (Brésil/URGENCI), tous deux membres du Comité de coordination.

Déclaration prononcée par Samuel Ikua (Kenya/HIC) et Ximena Moreno (Brésil/URGENCI) le 22 octobre 2025, lors du point IV de l’ordre du jour de la 53e session plénière du CSA. Promouvoir la sécurité alimentaire et la nutrition le long du continuum rural-urbain.

Mon nom est Samuel Ikua, de la Coalition Internationale de l’Habitat. Je viens du Kenya, où je coordonne des formations en agroécologie destinées aux personnes pratiquant l’agriculture urbaine à Nairobi.

Cette intervention sera réalisée par moi-même et ma collègue Ximena Moreno, qui coordonne avec moi le Groupe de travail sur les systèmes alimentaires urbains et périurbains du MSCPA, qui a suivi cet axe de travail.

Nous tenons à remercier le Rapporteur de cet axe de travail, le Dr Balaji, représentant permanent de l’Inde, pour avoir mené un processus inclusif et transparent ayant permis d’aboutir à ces recommandations politiques.

Le MSCPA soutient l’adoption des recommandations du CSA sur le renforcement des systèmes alimentaires urbains et périurbains, car ce document met en évidence certaines des priorités clés du MSCPA, notamment les droits fonciers équitables, les marchés territoriaux et l’agencéité des petits exploitants agricoles. En tant que détenteurs de droits, nous connaissons et avons expérimenté l’importance des gouvernements locaux. Travailler avec eux est essentiel pour nous et leur implication est importante à chaque étape du processus, depuis la discussion des politiques jusqu’à leur formulation, mais aussi leur mise en œuvre, en passant par le suivi, l’évaluation et la reddition de comptes.

Les gouvernements locaux, en tant qu’organes des États membres liés par les traités, ont des obligations communes mais différenciées de respecter, protéger et concrétiser le droit à l’alimentation. Les gouvernements nationaux devraient fournir aux autorités locales les ressources adéquates pour leur permettre de s’acquitter de leurs obligations au regard du droit à l’alimentation.

Cela renforcera la capacité des gouvernements locaux à mettre en œuvre des programmes d’agroécologie paysanne et à construire des infrastructures pour les marchés territoriaux, des programmes d’alimentation scolaire et d’autres programmes de protection sociale liés à la sécurité alimentaire, comme les cuisines communautaires. 

Cet axe de travail a permis de présenter des arguments probants et constitué une opportunité stratégique pour inclure les gouvernements locaux dans les processus politiques mondiaux en matière de sécurité alimentaire au sein du Comité. Sur la base de cet axe de travail, la participation des gouvernements locaux au CSA devrait être renforcée dans les prochains axes de travail.

Je donne maintenant la parole à Ximena Moreno.

Bonjour, je suis Ximena Moreno et je suis membre d’Urgenci. Je viens du Brésil. Je siège actuellement au Comité de coordination du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones, au sein duquel je facilite la participation du secteur des consommatrices et consommateurs.

Je voulais vous faire part de notre préoccupation concernant le fait que les inégalités présentes dans les systèmes alimentaires urbains et périurbains touchent plus fortement les femmes, les personnes migrantes, les personnes à mobilité réduite et les groupes racisés.

Dans ce contexte structurel inégalitaire, les femmes sont les plus touchées par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, comme le rappelle le rapport sur L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde de cette année. Il est indéniable que cette situation va s’aggraver avec le changement climatique, puisque des centaines de personnes vont migrer des zones rurales les plus touchées vers les zones urbaines périphériques.

Pour aider ces personnes, nous ne pouvons pas nous en remettre à la privatisation ou aux partenariats public-privé, qui démantèlent complètement les services publics et aggravent les difficultés des personnes les plus démunies. Nous tenons également à souligner qu’il est essentiel que l’agroécologie soit mise en valeur dans ces recommandations et d’autres, car il s’agit d’une manière de cultiver qui favorise le développement durable, sain et solidaire dont nous avons besoin.

Le Mécanisme salue ces recommandations politiques ; cependant, nous souhaiterions souligner que les reculs sur les droits des peuples autochtones sont inacceptables, en particulier en ce qui concerne leurs droits intrinsèques à l’autodétermination et au consentement libre, préalable et éclairé.

Nous souhaitons vous rappeler qu’il existe déjà divers instruments internationaux. À titre d’exemple, dans son rapport publié cette année, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les peuples autochtones, M. Alberto Barume mentionne les dangers liés à la confusion entre les terminologies relatives aux peuples autochtones et celles d’autres acteurs (résolution A/HRC/60/29). Nous demandons donc que les futurs documents maintiennent l’autonomie déjà reconnue dans le droit international, en particulier dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Nous demandons par conséquent que la position du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones soit consignée dans le rapport final de cette plénière.

Au cours de ce processus, le Mécanisme a élaboré un document de réflexion contenant des exemples d’expériences contribuant à des systèmes alimentaires urbains et périurbains durables, résilients, sains et solidaires.

Merci beaucoup.

Le document de vision contient les priorités politiques identifiées par les organisations participantes du MSCPA et une compilation d’études de cas qui montrent comment les communautés mènent la transformation des systèmes alimentaires à partir de la base. Ce document a également été un outil essentiel pour guider le groupe de travail pendant les négociations politiques.

« Les études de cas présentées tout au long du présent document de vision apportent la preuve et illustrent les innovations que les communautés mettent déjà en oeuvre sur le terrain. Elles apportent les preuves des transformations qui se produisent sur la base de nos priorités politiques et doivent être reconnues comme tellesqui s’est tenue du 20 au 24 octobre 2025 au siège de la FAO.. »

Le MSCPA a lancé le document de vision dans le cadre de la 53e session du CSA, qui s’est tenue du 20 au 24 octobre 2025 au siège de la FAO.

Lire le document de vision

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