Rome, Italie. 9 octobre 2022. Des centaines de représentants de la société civile et des peuples autochtones se réunissent à Rome et en ligne cette semaine pour la 50e séance plénière annuelle du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) des Nations unies, la principale institution inclusive et intergouvernementale traitant de la politique alimentaire mondiale. Ils évoqueront le besoin d’établir des outils politiques pour faire face à la crise alimentaire mondiale actuelle, qui a vu le nombre de personnes touchées par la faim augmenter d’environ 150 millions de personnes depuis l’apparition de la pandémie de COVID-19.

Réunis sous l’égide du Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones (MSCPA), les représentants se tourneront vers le CSA, seul forum à même de favoriser une coopération mondiale et une action coordonnée contre les effets brutaux de la pandémie, de la guerre en Ukraine et de l’urgence climatique affectant la sécurité alimentaire. En effet, le CSA est le seul organe multilatéral qui privilégie une approche basée sur les droits humains pour atteindre l’ODD2 avec la pleine participation des détenteurs de droits. Grâce au MSCPA, les communautés les plus touchées par la faim et la malnutrition peuvent s’asseoir à la table du CSA et peuvent façonner les politiques qui en découlent.

Comme le souligne le dernier rapport du MSCPA, Les voix des commauntés 2, les réponses officielles aux multiples crises actuelles et à leur impact sur le droit à l’alimentation n’ont guère pris en compte les voix, les expériences et les demandes politiques des communautés touchées par la faim. Ni d’ailleurs les solutions solidaires qu’elles ont mises en place pour combler le vide laissé par l’action insuffisante des gouvernements. Contrairement aux politiques et stratégies fragmentées et mal orientées que les gouvernements et les agences internationales ont déployées en réponse à la crise alimentaire, les représentants du MSCPA espèrent que le CSA prendra des mesures audacieuses et mènera une transition vers des systèmes alimentaires qui privilégient les droits des personnes et de la planète par dessus l’appât du gain. 

Partant de ce principe, les membres du MSCPA – petits exploitants agricoles, éleveurs, pêcheurs, peuples autochtones, travailleurs agricoles et alimentaires, sans-terre, femmes, jeunes, consommateurs, personnes dans l’insécurité alimentaire urbaine, consommateurs et ONG – participeront à la séance plénière du CSA et demanderont un certain nombre de changements nécessaires dans l’économie mondiale, la finance, le commerce et l’architecture de la dette pour répondre efficacement et rapidement aux crises qui empêchent les gens d’exercer leur droit à l’alimentation. Parmi ces changements figure la nécessité pour les pays de rompre la dépendance aux importations alimentaires et de soutenir l’approvisionnement alimentaire national, de limiter le pouvoir des sociétés transnationales et de transformer les règles du commerce international. Le MSCPA demande une transition des systèmes alimentaires industriels, malsains et basés sur les combustibles fossiles vers des systèmes alimentaires contrôlés par les communautés et basés sur la biodiversité, qui considèrent la souveraineté alimentaire et l’agroécologie comme les solutions les plus efficaces à la faim et à la malnutrition dans le monde.

Les représentants du MSCPA demanderont également aux participants du CSA de s’attaquer à toutes les causes structurelles des inégalités dans leurs délibérations et dans les processus de convergence de politiques, afin que les personnes historiquement opprimées et souffrant des conséquences de formes multiples et croisées de discrimination puissent réaliser leur droit à l’alimentation. L’un de leurs principaux messages à la plénière sera qu’il est impossible d’atteindre la sécurité alimentaire mondiale sans aborder les questions d’inégalité, de pouvoir et d’injustice.

L’égalité est un mot-clé pour le groupe de travail “Femmes et diversité des genres” du MSCPA, qui a participé avec ténacité aux négociations des Directives volontaires du CSA sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles depuis le début de cette année. Bien qu’elles ne soient pas contraignantes, ces Directives constituent une étape importante vers l’intégration de l’égalité et de la diversité des genres dans les politiques alimentaires, contribuant ainsi à garantir que celles et ceux qui souffrent le plus souvent de la faim – les femmes, les filles et les personnes non-binaires – voient leurs droits fondamentaux protégés.

Après des mois de négociations sur un texte qui aurait répondu à un large éventail d’attentes et de positions politiques, en juillet, un groupe de six pays a bloqué le processus au motif que certaines questions étaient controversées et ne relevaient pas du mandat du CSA. Le groupe de travail du MSCPA lancera une déclaration publique le mardi 11 octobre pour exprimer sa profonde déception et faire pression pour que les négociations se poursuivent. Il appellera à la cohérence des politiques, en particulier à l’inclusion dans la version finale des Directives de termes qui ont déjà été approuvés dans d’autres forums des Nations Unies, tels que les approches intersectionnelles du genre, ou la violence sexuelle et sexiste.

La séance plénière présentera également les recommandations politiques récemment négociées sur la promotion de l’engagement et de l’emploi des jeunes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Le groupe de travail jeunesse du MSCPA transmettra son évaluation des recommandations le mercredi 12 octobre. Entre autres, le groupe de travail sur la jeunesse estime que le document ne parvient pas à identifier et à démanteler les systèmes d’oppression qui empêchent la pleine réalisation des droits des jeunes, notamment le droit à l’alimentation et la souveraineté alimentaire. Le groupe a évalué la version finale des recommandations politiques et a déterminé que divers aspects du texte ne sont pas conformes au droit international des droits de l’homme. Plus particulièrement, à une époque où l’insécurité alimentaire causée par le chaos climatique monte en flèche, le groupe trouve scandaleux que le changement climatique et la perte de biodiversité ne soient pas mentionnés dans les recommandations politiques comme étant les menaces les plus graves pour les systèmes alimentaires et l’avenir des jeunes.

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