Déclaration du MSCPA prononcée par Afantchawo Koudasse (Togo/ROPPA) lors du Forum de haut niveau sur le renforcement des investissements et financements responsables au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition
Depuis le début de cette 53e session plénière de CSA, nous avons toujours entendu pratiquement la majorité des intervenantes parler de petit producteurs, et voila les petits producteurs sont là. Et donc nous allons enfin parler à notre nom et nous allons essayer de vous détailler ce que nous voulons et ce que nous sommes capables de faire, comme vous savez déjà, la production des aliments au profit de la majorité du monde entier. Cela est parce que nous sommes aussi le premier secteur privé dont on parle beaucoup dans ce Forum.
En effet, nous sommes les principaux investisseurs en agriculture dans de nombreux pays du sud (comme démontré par les rapports du CSA et de la FAO). Cet investissement n’est pas seulement la finance. Il est aussi connaissance, adaptation, préservation de notre écosystème au profit des générations à venir.
Les solutions « innovantes » dont ce Forum est à la recherche sont celles qui peuvent nous permettre de mieux accomplir les services fondamentaux que nous fournissons déjà à la société sans le soutien que nous méritons. Il s’agit entre autres de:
- d’une réglementation du marché garantissant des prix équitables qui couvrent nos coûts de productions ;
- des crédits à des taux abordables; par exemple si on a des garanties à faire au niveau des banques cela doit être au profit des petits producteurs qui doivent avoir la capacité de pouvoir négocier le taux. S’il faut utiliser les fonds publics pour dé-risquer quelqu’un, c’est nous, et non pas les grandes agribusiness.
- des investissements appropriés pour soutenir les marchés territoriaux, qui sont les marchés les plus favorable pour nous, parce que c’est sur ces marchés que nous vendon nos produits, c’est la majorité de nos concitoyens de ces qui arrivent à acheter sur marché des produits de qualité et qui sont produits dans ce système durable;
- des investissements appropriés pour soutenir le marché, ce marché dont je viens de parler et puis de chercher à connecter ces petits exploitants aux marchés tel que les rapports et les recommandations du CSA les indiquent;
- des politiques publiques qui nous protègent contre l’accaparement des terres et des ressources ; accaparements qui accompagnent très souvent les grands investissements extérieurs négociés sans notre participation, et les solutions ‘innovantes’ liés au changement climatique. Nous ne sommes pas contre les partenariats public-privé, mais ceci doivent être orienté par les politiques publiques prenant en compte les petits producteurs ;
- des soutiens financiers publics qui nous parviennent directement et en faveur des solutions que nous maîtrisons déjà : l’agroécologie que nous réclamons. C’est pas de la politique que nous faisons, c’est ce que nous savons faire le plus. Je peux donner un exemple d’un pays afriquene, le Togo, dans ces pays là vous allez trouver des jeunes producteurs qui se sont regroupés en mettant en place des fermes écoles et en plus depuis formé a la production de façon durable des aliments que nous mangeons, à la restauration des paysages forestières et FAO au niveau du Togo a pu reconnaître ça et les a accompagné jusque là. Cela est une innovation que nous tentons toujours de faire comprendre.
Nous savons très bien que tout cela est possible. Cependant, au niveau de l’Afrique, il y a un souci: les gouvernements disent que le poids de la dette rend impossible la réalisation de leur engagement qui consiste à mettre à disposition 10 % de PIB au service de l’agriculture. Pour cela, nous demandons que l’annulation de la dette soit quelque chose qui devient une réalité et que l’utilisation de cette dette soit en fait utilisée de façon democratique avec l’association de la société civile.
Nous condamnons aussi la coupe brutale de l’aide internationale au développement. Voilà des solutions que le MSCPA, en consultation avec la base, a voulu vous proposer.
