“Nous exhortons chacun et chacune à nous rejoindre dans la tâche collective consistant à forger l’agroécologie comme un élément des luttes de nos peuples afin de construire un monde meilleur, un monde basé sur le respect mutuel, la justice sociale, l’équité, la solidarité et l’harmonie avec notre Terre mère.”
Déclaration du Forum international pour l’agroécologie

Nyéléni, Mali, 27 février 2015.

Le Mécanisme de la société civile et des peuples autochtones (MSC) s’est battu pour que l’agroécologie puisse être présentée comme l’une des priorités politiques du Comité des Nations unies pour la sécurité alimentaire mondiale (CSA) pendant plus de six ans. En 2017, lors de sa 44e session plénière, le CSA a décidé d’inclure un axe de travail sur l’agroécologie et d’autres approches innovantes dans son plan de travail. Le MSC a accueilli chaleureusement le début d’un processus collectif de réflexion et de contribution à ce processus très important de formulation des politiques. En effet, l’agroécologie est au cœur du travail et de la vie quotidienne des onze secteurs que le MSC représente, ainsi que de la vision d’un système alimentaire durable et centré sur les droits humains.

La nature controversée de cette convergence politique était claire dès le début. Le titre même de la recommandation politique, qui inclut “d’autres approches innovantes” en plus de l’agroécologie, est devenu un aspect très controversé. Un rapport a été publié par le groupe d’experts de haut niveau (HLPE) en juillet 2019 comme base pour le processus de convergence politique.

En raison de la pandémie de COVID-19, le processus a été repoussé et n’a été finalisé qu’en mai 2021 après un dernier cycle de 111 heures de négociations virtuelles. Le CSA a organisé une session plénière extraordinaire d’une journée en juin pour adopter les recommandations politiques. Au cours de cette session, le MSC a déclaré qu’il n’était pas en mesure d’annoncer sa position officielle sur le document final. Le groupe de travail Agroécologie du MSC est actuellement engagé dans un exercice d’évaluation interne afin de décider s’il convient d’approuver les recommandations.

Dans sa déclaration, le MSC a exprimé la profonde déception et l’inquiétude de ses membres, qui ont réalisé qu’ils devaient se battre pour que les droits de humains, les droits des femmes et les droits des paysan.ne.s et des personnes travaillant dans les zones rurales soient inclus dans les recommandations politiques. Et ce, même si ce langage avait déjà été accepté dans des textes précédents du CSA. Le CSA a été réformé avec le mandat de parvenir à la réalisation progressive du droit à l’alimentation. Contrairement à ce principe essentiel, le groupe de travail sur l’agroécologie a constaté l’échec du CSA à assumer l’interconnexion du droit à l’alimentation avec les droits des femmes et de ceux et celles qui produisent la majeure partie des aliments. La déclaration a également rappelé que le CSA est l’espace où ces droits devraient être célébrés et où ces droits devraient informer tous ses résultats politiques. Le fait que cela ne soit pas le cas est très préoccupant, à la fois maintenant et pour l’avenir du CSA.

En outre, l’agroécologie constitue un moyen de sortir de la dépendance aux intrants externes. Le fait que ces recommandations encouragent l’optimisation de l’utilisation et du risque des pesticides mine non seulement les objectifs et les efforts de plaidoyer du MSC, mais aussi, et surtout, la santé, les moyens de subsistance et la survie des paysan.ne.s et des agriculteurs familiaux, des peuples autochtones, des travailleurs agricoles et des autres petits producteurs alimentaires qui pratiquent l’agroécologie depuis des siècles. Ces recommandations politiques sont également en contradiction avec les accords, les cadres politiques et les directives convenues des Nations unies concernant la gestion des pesticides et des produits chimiques. En outre, elles bloquent les aspirations d’un certain nombre d’États membres du CSA à effectuer une transition complète vers l’agroécologie, en s’éloignant des dépendances chimiques nocives qui interfèrent avec les droits humains à la santé et à des écosystèmes sains.

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