Le MSCPA soutient l’approbation des Recommandations politiques du CSA sur la promotion de l’engagement et de l’emploi des jeunes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Cependant, cet exposé exprime les réserves du MSCPA sur le texte final de ce produit politique.

Tout d’abord, le MSCPA se désolidarise de toutes les références textuelles aux jeunes “dans des situations et conditions diverses” (par. 1(b), et 1(f)). Ce langage ne reconnaît pas la diversité des jeunes, notamment en ce qui concerne les identités multiples et croisées et les identités des personnes historiquement soumises à une discrimination fondée sur leur orientation sexuelle et leur identité de genre. De plus, le MSCPA s’oppose au fait que les paysan.ne.s en tant que groupe d’intérêt clé aient été exclus par ces recommandations. Au contraire, ils doivent être inclus.es et consulté.e.s pour leur mise en œuvre (justification, paragraphe 6).

Deuxièmement, le MSCPA constate que ce produit politique ne reconnaît pas explicitement les droits des femmes. De plus, nous nous dissocions des mises en garde relatives aux droits humains dans les recommandations, en particulier à l’égard de l’expression “dans la mesure où ils ont été convenus, reconnus et/ou approuvés” par l’UNDROP, l’UNDRIP, le CEDAW et d’autres instruments relatifs aux droits humains (note de bas de page 3), ainsi que l’expression “le cas échéant” attaché à toutes les références au droit des peuples autochtones au consentement préalable, libre et éclairé (paragraphes 4(e), 4(g) et 4(h)). 4(e), 4(g), 5(g)). Ces réserves rendent les références incompatibles avec le droit international.  De même, le MSCPA se dissocie de la recommandation de “réduire” l’exposition des jeunes aux dangers. Ceci protège beaucoup moins les paysan.ne.s et les autres personnes travaillant dans les zones rurales que ce que la Déclaration des droits des peuples autochtones (UNDROP) mentionne, notamment leur “droit d’éviter l’utilisation ou l’exposition à des substances dangereuses ou à des produits chimiques toxiques, y compris les produits agrochimiques ou les polluants agricoles ou industriels” (UNDROP, art. 14(2)).

Troisièmement, le MSCPA se dissocie du langage appelant à un “accès équitable” aux ressources productives (para. 3(a)), plutôt que de reconnaître que les jeunes ont des droits humains à ces sources de vie, y compris le droit à la terre, aux semences et à l’eau, comme le stipulent l’UNDROP et l’UNDRIP.

Quatrièmement, le MSCPA se dissocie des “autres approches innovantes” que les recommandations mentionnent quand elles font référence à l’agroécologie (par. 2(j), 4(c), 4(d)). En confondant ces approches, les recommandations ne reconnaissent pas le potentiel transformateur de l’agroécologie.

Cinquièmement, les recommandations politiques ne tiennent pas compte de l’action des jeunes dans tous les secteurs de l’agriculture et des systèmes alimentaires. La souveraineté alimentaire – qui était au cœur du rapport du HLPE sur la jeunesse mais qui n’a pas été acceptée dans le texte final du produit politique – intègre diverses dimensions de l’action des jeunes ainsi que l’importance fondamentale des droits humains pour la transformation radicale des systèmes alimentaires. Le MSCPA se dissocie donc des multiples phrases soutenant l’esprit d’entrepreneuriat des jeunes (raisonnement 1 et paragraphes 2(b), 2(e) et 3(f)). 2(b), 2(e), 3(e), 3(j), 4(e) et 5(e)) en raison du manque d’équilibre général du document.

Sixièmement, le MSCPA se dissocie du langage faible sur la propriété et le contrôle des jeunes sur les outils numériques et sur leurs données (par. 5(b), 5(d), 5(f) et 5(g)). Les recommandations politiques ne parviennent pas à formuler une conception de l’innovation qui reconnaît les diverses formes d’innovation sociale, technique et culturelle qui soutiennent les transitions vers des économies de bien-être (rapport du HLPE sur la jeunesse, p. xiv).

Enfin, le MSCPA est très préoccupé par le traitement du rapport du HLPE dans le processus de négociation, en particulier par le fait que l’évaluation scientifique du HLPE sur les défis structurels de l’engagement et de l’emploi des jeunes dans les systèmes agricoles et alimentaires n’a pas été prise au sérieux. Le MSCPA se dissocie donc de la formulation décrivant ces recommandations politiques comme étant “inspirées” du rapport du HLPE. Si ces recommandations s’étaient réellement inspirées du rapport du HLPE, elles auraient permis d’avancer dans la transformation radicale et urgente de nos systèmes alimentaires.

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